Décharge de «Kamb ya» : La bombe écolo de Thiès explose !

Une opération de reboisement sans lendemain. La décharge de « Kamb ya », une bombe écologique à l’entrée de Thiès, a de nouveau explosé ces derniers jours au rythme où les ordures y sont déversées. Elles ont fini d’atteindre la route de Mbour au lendemain de la visite des autorités locales qui avaient déploré, à l’unanimité, l’état de la décharge et ses conséquences sur la santé des populations.

Un phénomène accentué par la présence de « Bujimen » qui chaque jour, fouillent dans la décharge à la recherche de ferraille ou d’objets à recycler. Ce sont eux aussi qui, avec le concours des charretiers, éparpillent les déchets sur le trottoir, les incinèrent au risque d’indisposer toute une voisine pris en otage par une fumée noire omniprésente et à perte de vue. Reportage.

Des paroles et peu d’actes

Un manque d’organisation et de suivi : c’est ce qui peut être reproché aux autorités locales. La mairie de la commune ouest de Thiès, porteur du projet de reboisement, avait, au départ, fait montre d’une détermination à construire un mur en dur entre la décharge et la route de Mbour. À la place, c’est un « mur vert » qui y a été érigé : des arbustes plantés sur une centaine de mètres, sous les poteaux électriques. C’était le 29 août dernier. Les maires des différentes communes de Thiès, avec le maire de la Ville, Talla Sylla, avaient alors effectué le déplacement et posé un acte symbolique qui a consisté à planter des arbres devant la décharge y ériger un mur vert. Une initiative destinée à la fois à protéger la route et à donner à l’entrée de la ville une image beaucoup plus humaine.

« Bujimen » et charretiers au banc des accusés

Une semaine après, faute d’entretien et de suivi, la pluie et les vents violents ont tout arraché sur leur passage. Les pauvres plants sans protection restent exposés au vent, au bétail en divagation, s’ils ne sont piétinés par des « bujimen » et charretiers avec leur trop-plein. Des plants qui croulant sous le poids des tonnes d’ordures déversées journellement sur une décharge ceinturée d’habitations et qui a bien reçu son « avance tabaski » en termes d’ordures.

La décharge fête la tabaski

Dire que la décharge de Thiès a été bien « approvisionnée » à la veille, pendant et au lendemain de la tabaski célébrée le 12 septembre dernier. Des cadavres d’animaux, des carcasses de moutons jonchent la route des deux côtés. Tout Thiès se débarrasse de ses saletés, mais de quelle manière ! Des populations qui sans doute ont besoin de suivre des cours de civisme. À bord d’une voiture, d’une charrette ou de n’importe quel moyen de locomotion, des individus, inconscients, laissent la déchargent de côté et préfèrent, par facilité, déverser leurs déchets sur le trottoir au lendemain de la fête du mouton. Ça empeste de tout bord et l’image qu’offre la décharge, en ce moment, porte un coup dur à la réputation d’une ville jadis réputée pour la propreté de ses habitants et de ses rues.

Un « mur vert » mort-né

Devant le ballet incessant des camions d’ordures et charretiers, de jour comme de nuit, la décharge de « Kamb ya » a fini de se rassasier. Maintenant, elle déverse le trop-plein sur la route de Mbour, aux trottoirs devenus quasi impraticables du fait de la saleté ambiante et des puanteurs. Un décor peu reluisant qui interpelle tout piéton, visiteur ou automobiliste qui entre ou sort de la commune ouest de Thiès.

Ce jeudi matin, à 9 h, lors de notre énième visite sur le site de la décharge, un camion immatriculé DL 5239 D était en train de déverser des ordures, pas dans la décharge, mais à quelques mètres du trottoir (voir photo), écrasant au passage les arbres plantés il y a quinze jours par les autorités municipales et locales. « C’est la mairie de Thiès-ouest qui m’a demandé de déverser les ordures dans la décharge », se dédouane le conducteur, interpellé et pris en photo.