Contribution de la diaspora casamançaise au développement de la région… les avis sont partagés

Le développement d’un pays ou d’une région nécessite l’implication et l’engagement de ses fils autochtones et ceux de la diaspora. Les sénégalais de l’extérieur injectent environ 1000 milliards de FCFA par an dans leur pays d’origine. Ce qui n’est pas une mince contribution. Cet argent est destiné, pour la plupart,  à soutenir leurs familles mais aussi à accompagner les actions de développement. Dans les régions du Sénégal à fort taux d’émigration, les émigrés participent à la construction d’infrastructures sociales, scolaires et sanitaires. Peut-on dire la même chose pour la Casamance ? Les émigrés casamançais font-ils comme leurs homologues de certaines régions, le cas du Fouta (nord du Sénégal ? Les avis sont partagés. Nous avons interrogé des habitants du sud sur leur perception de l’apport des casaçais de l’extérieur au développement du terroir. Pour la plupart, la réponse est négative. Ils pensent que les émigrés du sud font très peu, en termes d’actions pour l’émergence de leur région. Cela, pour eux, est le résultat de leur manque d’organisation comme ceux du nord. « On entend peu ou jamais un projet local financé par nos parents de l’extérieur » a souligné O.Diatta un homme de 71 ans habitants un village de l’arrondissement de Tendouck. « Il faut qu’ils s’organisent et fassent mieux que ce qu’ils font car c’est facile d’aider la Casamance à se développer à cause de ses énormes potentialités » nous a dit un enseignant à la retraite. Une position qui est partagée par beaucoup de nos interlocuteurs.

Par contre, d’autres estiment que la contribution des casamançais vivants à l’extérieur n’est pas à négliger. Le fait de soutenir leurs familles respectives directement est un acte très important. Mieux, ils pensent que ce n’est pas aux expatriés de proposer des projets ; la population locale doit réfléchir sur quel projet s’appuyer pour développer la région et solliciter l’appui et l’accompagnement des émigrés. « Tant que les gens qui sont sur place croisent les bras et attendent que les émigrés viennent tout faire, la Casamance ne se développera jamais ou cela se fera difficilement » a répondu I. Manga venu d’Espagne pour les vacances dans son village natal dans le Fogny.

Quoi qu’il en soit, il ne faut jamais tout attendre des pouvoirs publics parce que l’état c’est aussi les fils du terroir. Chacun doit apporter sa pierre à la construction de la patrie. Mais cela nécessite une organisation pour saisir les opportunités qui s’offrent à la région dans tous les secteurs de l’activité sociale, économique et dans bien d’autres domaines.

 

L.BADIANE pour xibaaru.com