Congrès IAAF : Lamine Diack passe le témoin à Sebastian Coe

Le Britannique Sebastian Coe succède au Sénégalais Lamine Diack, 82 ans, à la tête de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF).
La Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a un nouveau président. Le Britannique Sebastian Coe, un des plus grands demi-fondeurs de l’histoire, a été élu sixième président de l’IAAF, ce matin du 19 août 2015 à Pékin. Il était opposé à l’Ukrainien Sergueï Bubka, ex-tsar de la perche. Sebastian Coe, double champion olympique du 1500 m (1980/1984), succède au Sénégalais Lamine Diack, 82 ans, qui a passé le témoin après 15 ans et neuf mois à la tête de l’institution.
Président intérimaire
Lamine Diack était à la tête de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) depuis 1999. Président intérimaire à la mort de l’Italien Primo Nebiolo le 7 novembre 1999, il sera élu en 2001 à Edmonton au Canada puis réélu en 2003 à Paris en France, en 2007 à Osaka au Japon, et à Daegu en 2011 en Corée du Sud. C’est le premier président non européen, et surtout africain, de l’IAAF.
Il a failli devenir footballeur
Né le 7 juin 1933 à Dakar, Lamine Diack a fait ses études de lettres au lycée Van Vollenhoven, établissement réputé de l’époque coloniale. Il découvre l’athlétisme au Foyer France-Sénégal, le grand club du pays alors sous tutelle française. Le jeune athlète s’illustre sur les sautoirs de la longueur – comme son prédécesseur Primo Nebiolo -, vient en France métropolitaine remporter le titre national en 1958 avec un bond de 7,63 m, puis le titre universitaire l’année suivante (7,72 m). Parallèlement, il se lance dans une carrière de footballeur, avec un essai au Racing Club de Paris, mais une blessure à un genou au début des années 60 l’oblige à bifurquer vers un rôle d’encadrement.

Maire de Dakar en 1978
Entraîneur de l’équipe de football au foyer France-Sénégal en 1963, il est de 1964 à 1968 directeur technique national, puis secrétaire à la Jeunesse et au Sport sept ans plus tard. En 1973, il devient le premier président de la Confédération athlétique africaine (CAAA), poste qu’il occupera jusqu’en 2003. Avocat de formation, ce père de 15 enfants nés de plusieurs mères s’engage également sur la scène politique dans son pays, en devenant maire de Dakar de 1978 à 1980. Il intègre le Comité olympique national en 1974, avant de le présider de 1985 à 2002. En 1987, il devient vice-président de l’IAAF et premier vice-président en 1991, fonction qui le propulse à la présidence à la mort de Nebiolo.
Que retenir de sa présidence à l’IAAF ?
C’est Lamine Diack lui-même qui donne la réponse à nos confrères de l’AFP. « Au cœur de notre entreprise, il y a les athlètes, explique-t-il. Si je dois faire une sélection, ce sont bien sûr les incroyables performances d’Usain Bolt que je retiendrai. Sa réputation a dépassé les frontières de l’athlétisme. Un peu comme Jesse Owens à son époque [les années 1930, NDLR]. Mais comme j’ai été un sauteur en longueur, je n’oublierai pas le duel entre [les Américains] Mike Powell et Carl Lewis aux Mondiaux de 1991 à Tokyo. »