Cissé Kane Ndao de l’ADER soupçonne un scandale dans l’affaire « ECOTRA »

ABDOULAYE SYLLA ET MAREME FAYE SALL : DEALS AU SOMMET AVEC ECOTRA

Le site Xalima reprenant un article du journal Le Quotidien en date du 13 août 2013 rapporte : « la spécialité dans laquelle semble exceller M. Abdoulaye Sylla semble être celle d’échapper à ses multiples créanciers. (…) Au titre d’une autre de ses sociétés, dénommée Etudes coordinations travaux Sa (ECOTRA), Abdoulaye Sylla a été épinglé par la société Bolloré Africa Logistics, à l’époque où elle s’appelait encore SDV, pour émission de deux chèques sans provision, d’une valeur respective de plus de 14,2 millions et de plus de 35,1 millions de francs Cfa, tirés sur la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC). D’ailleurs, cette même banque le poursuit, à son titre de gérant d’ECOTRA, pour une créance avoisinant les 165 millions de francs Cfa. (…). Il faut croire que ce palmarès de M. Sylla, loin d’être exhaustif, n’a pas impressionné outre mesure les magistrats de la Cour de répression de l’enrichissement illicite qui, en plus de laisser son épouse, totalement inexpérimentée, prendre la gestion d’AHS, ont constaté avec passivité que celle-ci est maintenant exercée par ce mari aux méthodes en affaires dignes de personnes poursuivies pour les délits pour lesquels cette même Cour a été mise en place. Mieux encore, on peut se demander, au vu des actes posés par l’administrateur de fait, et restés sans conséquence, si la CREI a en tête le souci de la préservation de l’outil de travail et des emplois des responsables de familles qui en vivent» !

Si je n’ai parlé que d’ECOTRA, c’est que cette société est toujours encore plus au cœur des affaires de l’Etat, et continuent de prospérer en servant de cheval de Troie aux partenaires d’Abdoulaye Sylla pour s’emparer encore de réserves foncières et d’autres infrastructures industrielles réalisées sous l’impulsion de l’Etat, via des établissements publics. Ces détournements d’objectifs qui ressemblent à

du banditisme d’Etat sont opérés au nez et à la barbe du peuple sénégalais qui n’y comprend rien, surtout que ces affairistes auront pris le soin d’enrober leurs deals de la fameuse couverture PPP !

Pour s’en convaincre, lisons les termes de la convention de partenariat APROSI-ECOTRA contenue dans le rapport 2014, en n’oubliant pas de se référer à la situation financière catastrophique d’ECOTRA il ya à peine 3 ans, que j’ai rappelée ci-dessus.

L’APROSI (Agence d’Aménagement et de Promotion des Sites Industriels) s’inscrit dans la dynamique d’impulser le développement de sites industriels dans le sens de contribuer à l’accélération du développement industriel. A cet effet, des accords de partenariat PPP ont été initiés pour permettre d’atteindre les objectifs à ce niveau.

Deux accords ont été signés [parmi lesquels] l’accord de partenariat ECOTRA / APROSI

Pour l’aménagement et la réalisation de domaines industries (…)

La convention signée entre les deux parties (c’est à dire ECOTRA/APROSI) a pour objet de mettre en place un cadre réactif pour la prise en charge des études techniques et financières, l’aménagement et la commercialisation de la Zone industrielle sise aux Pôles Urbains de Diamniadio pour une assiette globale d’environ 134 ha.

Son exécution s’étendra sur 2 phases : Une phase de 62 ha et une seconde phase de 72 ha

Forme de coopération

Pour la mise en œuvre du projet de partenariat, les deux parties conviennent de la création d’une société anonyme chargée de l’exécution et de la gestion du projet.

Faire des avances de trésorerie à l’APROSI pour les frais de gestion de ses activités. Ces avances de trésorerie sont remboursables. Elles seront déduites des parts de l’APROSI dans le résultat d’exploitation du projet ;

Finaliser l’ensemble des plans d’exécution des aménagements des zones industrielles: remembrement du site actuel, plan de masse, plans de terrassement, de voirie, d’assainissement, d’électrification et d’adduction d’eau ;

Finaliser les plans des hangars abritant les unités industrielles ;

Assurer les études techniques des travaux ;

Faire la réalisation des travaux restants.

Obligations communes aux deux parties

Les deux parties s’engagent à :

Obtenir les autorisations de lotir et construire ;

Définir le règlement intérieur du site et assurer l’administration ;

Gérer par double signature des représentants des deux (02) partenaires les comptes bancaires de la société.

Pour une société prise en flagrant délit de délinquance financière perpétrée par Abdoulaye Sylla dont le site précité rappelle qu’ « il est toujours parvenu à échapper à ses obligations de paiement, par des arguties juridiques, » de dettes colossales dues à divers établissements financiers de la place, il convient de se demander comment entre temps M. Sylla s’est subitement retrouvé en si excellente santé financière qu’il en est redevenu crédible, et surtout liquide, au point de pouvoir mobiliser des avances de trésoreries pour la réalisation de tous ces chantiers, dont il assurera aussi, nous dit on la commercialisation aux cotés de l’APROSI ! Ici aussi, « il faut croire que ce palmarès de M. Sylla, loin d’être exhaustif, n’a pas impressionné outre mesure » APROSI !

En plus, dès lors que les deux parties auront mis en place une société anonyme dont le nombre de parts de l’Etat à travers APROSI n’est pas déterminé et en plus elle ne participe pas au financement des réalisations sur ce terrain de 134 ha, qui pourra déterminer les actionnaires de cette société anonyme ? C’est là que l’opération de prise de contrôle de ces terrains et de ces sites acquis à moindre frais commencera à prendre forme, loin des yeux du contribuable sénégalais.

Ce n’est pas du PPP, ce n’est ni plus ni moins que du vol de biens publics, préfinancé par un Abdoulaye Sylla dont le passage à AHS n’a pas encore été tiré au clair, et qui est toujours au cœur des affaires grâce à sa proximité révélée par le Journal Le Quotidien, celui de Madiambal Diagne que reprend Xalima, avec Maréme Faye Sall, dont on devrait se demander à nouveau, en reprenant le titre du journal à l’époque, si elle n’est pas, encore une fois, « au cœur du scandale » !

Et pour en finir avec Abdoulaye Sylla décidément dans tous les bons coups, ECOTRA est présent sur l’autoroute Ila Touba où il y a 440 milliards à se partager ; il y aurait « gagné » en effet des marchés considérables, dont celui de la fourniture de gravillons !

Il convient dès lors de déterminer exactement quelle est la nature des relations entre Abdoulaye Sylla et Maréme Faye Sall, dont tout le monde dit qu’il serait son prête-nom, d’autant plus que maintenant, comme révélé par l’article du site Dakarmidi, et repris par tous les sites de la place, il aurait été envoyé à Dubaï, pour planifier l’entrée en affaires de son fils.

Dubaï justement, où va atterrir dans quelques heures Maréme Faye SAll !

Cissé Kane NDAO

Président A.DE.R