Cheikhna Keîta veut réactiver le fameux dossier

L’ex-patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), Cheikhna Keïta, se rappelle au bon souvenir d’autorités qui l’avaient sanctionné en le radiant de la Police nationale, il y a de cela trois années. Trois années durant lesquelles des faits nouveaux, en corrélation avec le dossier dit du scandale de la drogue dans la police, n’ont pas pour autant fait avancer une enquête restée lettre morte après l’éviction d’Abdoulaye Niang de la Direction de la Police nationale. Dénonçant le statu quo,  il a saisi le médiateur de la République pour qu’il intervienne auprès du président de la République pour ordonner la réouverture de ce dossier.
L’ex-commissaire fonde sa demande, pour la réouverture du dossier, «à la lumière des faits nouveaux que sont l’arrestation de Dieng, cet agent de police qui servait à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants et celle de Akim», l’autre Nigérian cité dans le rapport qu’il avait adressé au ministre de l’Intérieur de l’époque (Pathé Seck, Ndlr). Cette demande, explique-t-il, se justifie «par respect au droit des Sénégalais d’être informés de tout par les dirigeants qu’ils se sont choisis», tout en ajoutant «qu’ils puissent effectivement l’être à cause de ces faits nouveaux dont l’exploitation permettrait de préserver de souillures l’image  du Sénégal et de protéger la bonne réputation de sa police (Sic)».
Par ailleurs, Cheikhna Keïta rappelle que «l’affaire en question est partie d’appels téléphoniques émanant de trafiquants de la place qui me proposèrent leurs services pour la remise en circulation des drogues saisies par le service dont je venais juste d’hériter du commandement». Ainsi, il ajoute : «Pour prendre contact avec moi, ces trafiquants avaient appelé sur le numéro du téléphone portable affecté au directeur de l’office.» Pour rappel, en mars 2014 le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, avait, dans son réquisitoire, blanchi le commissaire Abdoulaye Niang de toutes poursuites tout en demandant le renvoi du Nigérian Austin, à l’origine du scandale, devant la Cour d’Assises au­jourd’hui, Chambres criminelles. Cheikhna Keïta, lui, est radié de la Police depuis 2013 tout en conservant ses droits à la retraite.