Candidature du PDS à la prochaine présidentielle…Le retour de Me Abdoulaye Wade n’est pas à exclure

Ne jamais dire jamais. Ne jamais penser que c’est impossible. C’est le credo sur lequel repose la politique. Me Abdoulaye Wade est âgé, trop âgé même. Il a perdu le pouvoir en 2012 en faveur du jeune candidat Macky Sall soutenu par une forte coalition. Avec un score lourd de 65%. Le désaveu du grand public contre sa politique était tel que personne n’envisage outre mesure son retour en politique sur un terrain qu’il semble avoir laissé à son fils élu candidat à la suite de primaires organisées pour la première fois dans son parti.
Dans le subconscient de tous, Wade, c’est du passé. Aucun analyste politique ou citoyen ordinaire ne semble penser à cette possibilité. Or, elle est là, bien présente. La meilleure preuve, c’est que le « Pape du Sopi », est resté Secrétaire général de son parti pour maintenir son unité et son dynamisme. Et personne ne trouve rien à en dire. Il a reporté sine die le congrès du Pds dont la date était déjà fixée. Il organise des meetings, reste de longues heures debout à faire des discours parfois improvisés. Et tout le monde pense que c’est normal.
Qui plus est, la loi sénégalaise n’a pas plafonné l’âge à partir duquel un citoyen ne pourra pas se présenter à la présidentielle. Et Wade n’est frappé par aucune interdiction d’ordre légal à ce propos.
Mieux, il avait tellement rêvé d’un troisième mandat qu’il avait même proposé de continuer un temps son magistère pour parachever ses chantiers et organiser des élections anticipées. Même s’il est vrai que personne ne l’avait écouté à l’époque, il est aussi vrai que le contexte a changé. Les nostalgiques de Wade ou de l’ère Wade commencent à être nombreux si on se réfère à ceux qui disent que « deukeu bi dafa macky » (le pays va mal). Ses chantiers impressionnent encore surtout l’autoroute à péage. Et il est dépeint comme un président qui osait. Même si, par ailleurs, c’est sous son magistère qu’il a eu le 23 juin et que la vie est devenue si chère.
Entre-temps, la donne familiale et politique a aussi changé. Son fils est en prison pour enrichissement illicite et toutes les batailles menées pour le faire libérer ont été un échec. Et contrairement à ce que disait le ministre de la Justice, il n’est pas sûr que ses droits civiques et politiques soient intacts au point de lui permettre d’être candidat à partir d’une cellule. Une analyse minutieuse du Code pénal et du Code électoral est nécessaire pour se forger une opinion sur cette question même si nous ne mettons pas en doute l’expertise de Me Kaba.
Nous ne sommes pas sûrs que le Pds prendra le risque de voir le dossier de candidature de Karim rejeté.
Son parti est en prise avec de nombreuses défections et des attaques de toute part. Certains lieutenants comme Modou Diagne Fada ont une attitude qui discrédite et affaiblit davantage le Pds. On parle de réformateurs. La formation libérale vit les dures réalités d’un parti au pouvoir qui a perdu les élections : départs, transhumance, diabolisation, trahison, dénigrement et…solitude.
Tout monde sait que Wade qui a été et qui est la seule constante, a assez d’audace politique pour surprendre son monde. Il peut encore être candidat. Et c’est loin d’être de la politique-fiction. Si Robert Mugabe est encore au pouvoir au Zimbabwe, c’est grâce à son audace qui lui a permis de défier ses nombreux adversaires au plan interne et externe. Morgane Tsangirai, son adversaire de toujours, a tout tenté et les services secrets britanniques et occidentaux n’ont pas pris de gants pour le déstabiliser. Eh bien, il est toujours au pouvoir même s’il titube parfois en marchant et que l’on soit obligé de le prendre au bras.
Au demeurant, Wade sait qu’à l’heure actuelle, il est le seul dans son parti à pouvoir réunir les forces et à les catalyser autour des batailles décisives. Et comme ses ambitions de dévolution monarchique du pouvoir sont encore intactes au sein de son parti et du pouvoir, il sait qu’il peut se battre pour son fils et lui permettre de rentrer dans ses droits constitutionnels par une loi d’amnistie et d’accéder au pouvoir.
Sans être dans le secret d’Alcôve, nous pouvons affirmer que le silence de Wade et son semblant de sérénité après le verdict de condamnation de Karim au point d’annuler des manifestations de soutien cache une fourberie politique qui verra jour bientôt et qui pourrait ne pas être loin du scenario que nous venons de décrire. À moins qu’entr-temps, Karim ne sorte de prison. Car, tant que son fils sera dans les liens de la détention, il faudra s’attendre à ce qu’il ne laisse à personne
Rewmi

2 Comments

  1. SAMA DOM WAL MAN BA DOU KEN : FORMULE WADE
    TOUT CA POUR SAUVER LES BIENS DU PDS

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