Basket féminin : Moustapha Gaye, un coach dure, rigoureux et…Efficace

Avec la victoire finale de l’équipe nationale du Sénégal à l’Afrobasket féminin 2015, le sélectionneur Moustapha Gaye signe un retour couronné de succès, à la tête de la sélection, après l’échec de l’édition de 2011.

Gaye remporte le trophée continental, avec à la clé une qualification aux Jeux olympiques de Rio 2016. Ce sélectionneur lié par un contrat à l’équipe de l’ASC Ville de Dakar démontre, par sa prestation à l’Afrobasket féminin 2015, qu’il fait partie des techniciens de très haut niveau du basket national.

Ce quinquagénaire décrié pour son caractère trempé à l’acier et réputé très rigoureux envers son équipe, professeur d’éducation physique et sportive, aurait pu être mis au ban de la nation s’il échouait à Yaoundé.

Un coup de colère contre son pivot Ramata Daou – certains diront même qu’il a porté la main sur elle – a provoqué moult commentaires et interrogations sur ses aptitudes à manager une équipe de haut niveau.

A cette époque où l’équité des genres est de rigueur, c’est un crime de lèse-majesté que d’avoir un tel comportement sur la Malienne de naissance, qui s’est, contre vents et marées, mise à la disposition de la sélection nationale sénégalaise.

Lors de la finale de ce samedi, une prise de bec avec Astou Traoré – qui a certainement eu peur de rater encore une finale de l’Afrobaset, à un âge canonique – a suscité un vif débat sur la gestion technique de Moustapha Gaye.

Déjà en 2011, quand le Sénégal perdait la finale au profit de l’Angola, il entretenait des rapports difficiles avec le président de la Fédération sénégalaise de basketball de l’époque, Baba Tandian, de qui il dira même des vertes et des pas mûres.

Cela lui a valu une suspension de cinq ans, par l’équipe fédérale d’alors. L’ancien basketteur international a continué tout de même à garder de bonnes relations avec des responsables de la discipline, parvenant même à revenir au devant de la scène, grâce à son talent et à ses aptitudes techniques.

Moustapha Guèye est même intervenu, contre toute attente, pour demander une paix des braves entre Baba Tandian et les responsables de la structure d’exception chargée de gérer le basketball au Sénégal, sous la direction de Serigne Mboup, jusqu’à la fin du premier semestre de cette année.

Certains pensaient pourtant que Gaye, qui a permis à l’AS Douanes de régner sur le basketball sénégalais, était fâché définitivement avec son ancien M. Tandian.

Malgré les divergences avec Ramata Daou et Astou Traoré, le sélectionneur est considéré comme un crack, en dépit des commentaires sur son savoir-savoir et ses faiblesses.

Ousmane Diallo, l’entraîneur du SIBAC, qui l’a côtoyé à l’ASC Bopp – où Moustapha Gaye a débuté sa carrière d’entraîneur –, le qualifie de « technicien agressif et exigeant ».

« Pour faire passer ses idées, les techniciens usent de beaucoup d’artifices. Pour lui, c’est l’exigence et l’agressivité », témoigne Diallo, louant les qualités d’ »un technicien de très haut niveau ».

« Tapha [Gaye] a été sur tous les bancs, des clubs comme des sélections, aussi bien chez les filles que chez les garçons », se souvient Ousmane Diallo.

Il rappelle que le sélectionneur de la sélection féminine nationale, vainqueur de l’Afrobasket féminin 2009, a travaillé avec de grands noms de la discipline, dont Sam Vincent, à l’Afrobasket masculin, en Angola (2007), et avec Abdourahmane Ndiaye « Adidas ».

« Avec ce succès, il a permis au basketball national de revenir au devant de la scène. Et sa gestion de la compétition a été un succès », s’est réjoui Ousmane Diallo, en parlant de « la bonne gestion des deux défaites enregistrées contre l’Angola et le Nigeria ».

« Malgré ces échecs, il a expliqué aux filles que c’était toujours possible et en les mettant dans des schémas de jeu couronnés de succès », a analysé Diallo, qui dit devoir une fière chandelle à son ancien collègue, avec lequel il a remporté la Coupe du Sénégal en 1995, avec l’équipe masculine de Bopp.