Amsatou Sow sidibé s’en prend au ministre de l’Intérieur, au Conseil conjtitutionnel et à l’Assemblée nationale

Invitée de l’émission Grand Oral sur la 97.5 Rewmi Fm., Amsatou Sow Sidibé dénonce le sabotage des affiches avec le « NON » illisible et déploré la position étonnante du Conseil constitutionnel et le manque de réaction de l’Assemblée nationale. Elle a également lancé un appel au peuple à voter ”Non”.

« Ce référendum crée des inquiétudes profondes. Moi, j’ai observé, j’ai suivi et j’ai constaté qu’il y a une grave crise des institutions avec ce référendum. D’abord, le président de la République, à la surprise générale, a fait du “wax waxeet” à propos de la réduction de ce mandat-ci. Le Conseil constitutionnel a eu une position étonnante. L’Assemblée nationale fuit jusqu’ici ses responsabilités et nous avons envoyé une lettre ouverte aux 150 députés pour expliquer que la Constitution de manière expresse donne des pouvoirs et au président de la République et à l’Assemblée nationale pour connaître de la révision constitutionnelle. Alors, nous n’avons pas encore vu de réaction de la part de l’Assemblée nationale qui manque d’initiatives. Nous constatons que le ministre de l’Intérieur est très partisan. Étant partisan, il est disqualifié. Mais regardez les affiches que nous voyons partout et qui manquent totalement  de lisibilité surtout concernant le ”Non”. Le ”Oui” est écrit noir sur blanc et le ”Non” est écrit blanc sur presque blanc. Ça, c’est du sabotage. Sans compter qu’à l’heure actuelle, le manque de partage sur le contenu du référendum fait que le ”Oui” ou le ”Non” serait mécanique et ce serait inadmissible. Ce que l’on observe, aujourd’hui, et malheureusement s’est présenté dans la presse et sur les télévisions, c’est cet achat de conscience. Cet achat de conscience avec l’argent du contribuable qui est donné à ceux qu’ils voudraient qu’ils votent ”Oui”. La Société civile elle a un rôle extrêmement important en termes de supervision des élections. Aujourd’hui, on dit qu’elle a raté le coche mais, on risque d’avoir une mascarade le jour du référendum. C’est pour tout cela que nous demandons encore une fois le report du référendum ou alors l’Assemblée nationale se saisisse parce que la Constitution lui permet de s’auto-saisir. Si elle ne le fait pas, le président de la République peut saisir l’Assemblée nationale. J’appelle encore une fois le Président Sall à la raison car nous ne voulons pas de ce référendum imposé et bâclé. Nous déduisons de ce référendum que le pouvoir veut nous forcer la main. Si le pouvoir persiste, j’appelle à voter ”Non”. Je ne ferai plus la grasse matinée maintenant parce qu’il faut qu’on renforce le camp du ”Non”. Je vais battre campagne pour le ”Non” à ma manière. »