Amnesty International accuse l’Etat du Sénégal de restreindre la liberté d’expression sous toutes ses formes

1.1 Liberté d’expression et de manifestation
Les autorités sénégalaises ont continué d’interdire de façon quasi-systématique des manifestations organisées par des partis politiques et des défenseurs des droits humains, et de poursuivre en justice des manifestants pacifiques. Ces interdictions ne concernent pas seulement les manifestations organisées à Dakar et dans les grandes villes du pays, elles frappent également les communautés dans les villages et hameaux du pays. Ainsi, au mois de septembre, le tribunal régional de Kolda a condamné 12 hommes à 21 jours d’emprisonnement pour participation à un rassemblement non autorisé. Une centaine de personnes avaient manifesté pacifiquement le 27 août dans la commune de Diana Malary, dans la région de Sédhiou, pour demander aux autorités de leur fournir de l’électricité. Les forces de sécurité avaient utilisé des gaz lacrymogènes et tiré en l’air pour les disperser, ce qui avait entrainé des affrontements entre manifestants et gendarmes.
Le gouvernement du Sénégal ne s’est pas contenté d’interdire des manifestations, en violation fragrante de la constitution et de ses engagements internationaux en matière de droits humains ; de hautes autorités de l’Etat se sont employées à discréditer ce droit en prétendant que son exercice était incompatible avec le travail prôné pour développer le pays. Ce qui est non seulement faux mais inacceptable dans un Etat démocratique.