AFFAIRE HABRE: Idriss DEBY libère une partie des co-accusés condamnés au Tchad

Le procès Habré suit son cours depuis la reprise le 7 septembre 2015. Chaque jour dans cette chambre N 4 du palais de justice, on entend prononcer les noms des co-accusés jugés et condamnés précipitamment par Idriss DEBY. La démarche d’Idriss DEBY visait à les extraire du procès devant se tenir devant les CAE, pourtant seule juridiction compétente à juger les crimes commis durant la période allant du 7 juin 1982 au 1 décembre 1990 comme le prévoyaient les accords et les statuts des chambres. Idriss DEBY n’a non seulement pas respecté les engagements de transférer les co- accusés à Dakar, il s’est opposé à leur audition à Ndjamena lors des commissions rogatoires. Le calendrier du planning des témoins prévoyait le passage devant le tribunal, des co- accusés, prévu dès le 15 septembre par le Président Kam et les autres juges pour que ces derniers viennent à Dakar témoigner devant la barre.

L’espoir de les voir devant la barre s’est écroulé lorsque le Procureur du Tchad a informé les CAE de l’impossibilité d’un transfert mais aussi d’une audition par visioconférence. Devant cette obstruction à la justice, devant aussi les manœuvres d’Idriss Deby pour empêcher la recherche de la vérité, les CAE se sont tues, ont avalé cette énième couleuvre de Deby et ont continué leur travail d’injustice.

En milieu de semaine dernière, Idriss DEBY a pris la décision de faire libérer les Généraux Oumar Souny et Béchir Ali Haggar respectivement condamnés à 5 ans et 15 ans, le 23 mars 2015 par la Chambre criminelle du Tchad.

Leur libération est, aujourd’hui, effective puisqu’ils ont rejoint leur famille ce weekend end .

Le Président Macky Sall disait hier dans son interview que l’impunité était terminée, Idriss DEBY lui rappelle que ces propos sont hors de la réalité du processus judiciaire en cours qui organise et sélectionne bel et bien une impunité pour de nombreux acteurs politiques tchadiens comme Goukouni, Idriss Deby et tant d’autres responsables dans la chaîne de responsabilité et de commandement.

Cette libération sonne ainsi comme l’hallali de la justice africaine prétendue ; elle consume la réalité des chambres qui ne servent plus qu’à exécuter un mandat de condamnation du Président Habré , elle valide l’immunité que Déby s’est auto accordée en refusant de remettre ceux qui pouvaient l’accuser ; aujourd’hui, cette libération rémunère le prix des accusations fomentées à Ndjamena contre le Président Habré ; elle fait des CAE un organe qui de fait donne un blanc seing à un régime qui opprime le peuple tchadien depuis 25 ans ; elle met enfin en exergue le rôle d’ONG qui pour faire condamner le Président Habré se sont couchées devant Déby pour concocter avec ce dernier un système de preuves qui réduit à néant tout leur argumentaire sur leur prétendue lutte contre l’impunité ; cette association contre nature ne peut prétendre représenter dorénavant les intérêts du peuple tchadien.