Acte 3 de la décentralisation, communes pauvres sans salaires et quoi d’autre ?

Un an après l’élection des maires et présidents de conseil départemental, les collectivités locales ne comprennent pas ce qui leur arrive. Dans le département de Bignona, par exemple, la galère est la chose la mieux partagée par les nouvelles commune nées de l’acte trois de la décentralisation. Cette réforme qui a fait remplacer les anciennes communautés rurales par des communes de plein exercice, crée plus de difficultés qu’elle n’en résout. La plupart des communes notamment rurales n’ont pas de ressources propres. En plus, en Casamance, depuis quelques années, la population ne paye pas de taxe (le conflit est passé par là), conséquence, les communes sont pauvres au point de ne pas pouvoir payer des salaires. Jusqu’à ce jour, les adjoints des maires et les secrétaires municipaux (ex ASCOM) ne sont pas payés. Ils travaillent sans salaire. Le montant que l’état a alloué à ces communes est dérisoire et imprécis. On l’a appelé compensation, nous a-t-on dit et c’est cette somme qui va servir à soutenir les secteurs comme l’éducation, la santé, la jeunesse, la culture entre autres. Ce montant s’élève à environ 12 millions de FCFA pour toute l’année. Le salaire du Maire lui, est clairement distinct de ce montant. La difficulté c’est au niveau des autres salariés. Aucune rubrique ne précise si le salaire de ces derniers est compris dans cette maudite somme. Les communes et le trésor restent prudents sur la question, donc pas de salaire jusqu’à nouvel ordre. C’est une situation difficile que vivent ces élus et travailleurs de communes, cela permet aux uns et aux autres de se poser des questions sur l’importance de cette réforme de la décentralisation. « Elle est venue pour appauvrir les collectivités locales » nous a dit un Maire pourtant membre du parti au pouvoir. « Nous sommes, on dirait, à l’acte zéro » selon certains qui pense que l’acte trois a été précipité et semble même incompris par ses initiateurs. C’est pour cette raison que d’autres pensent que si l’état ne peut pas soutenir l’acte trois, qu’on retourne à l’acte 2. Ce qui serait alors une véritable catastrophe.

L.Badiane pour xibaaru.com