François Bourguignon continue d’arpenter l’Afrique.

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Au printemps, l’ancien économiste en chef de la Banque mondiale (2003-2007) était en Côte d’Ivoire, où le président Alassane Ouattara a tenu à prendre l’avis d’éminents experts sur le « nouveau miracle ivoirien » qu’il voit se dessiner dans des niveaux de croissance comparables à ceux des années 1960-1970. Aujourd’hui professeur à l’Ecole d’économie de Paris, le septuagénaire n’a pas fini de questionner ces politiques de développement qui promettent depuis des décennies d’éradiquer la pauvreté extrême du continent.
Statisticien de formation, il a pris ses distances avec une approche purement macroéconomique, pour mettre en avant le rôle de la gouvernance dans la trajectoire des pays. Alors que la réduction des inégalités est l’un des grands thèmes du G7 organisé par la France à Biarritz, du samedi 24 au lundi 26 août, il se montre sceptique. Si l’Afrique demeure le continent de la pauvreté, « en réalité, très peu a été fait pour améliorer les conditions de vie des plus démunis », tient-il à rappeler.
Quel bilan faites-vous de la lutte contre la pauvreté, devenue, à partir de l’adoption des Objectifs du millénaire, au tournant des années 2000, la priorité des politiques de coopération pour le développement ?
Parler de la pauvreté est une chose. Adopter des politiques qui permettent de la faire reculer en est une autre. Et je ne suis pas sûr d’avoir vu beaucoup de pays prendre ce chemin en Afrique. A l’inverse de l’Amérique latine et de l’Asie, il n’y a pas eu de grandes politiques de redistribution permettant de mieux répartir la richesse ou, à tout le moins, de garantir un soutien aux plus démunis à travers des programmes de transfert d’argent, sous condition ou non. C’est pourtant ce qui a permis à des pays comme le Brésil ou l’Equateur de réduire massivement leur niveau de pauvreté. Les rares efforts allant dans ce sens, comme en Ethiopie, sont entièrement financés par des bailleurs de fonds étrangers.

Mon expérience me conduit à penser qu’il faut tenter davantage de renforcer la gouvernance. La fragilité des institutions est un obstacle au développement. Les politiques publiques, financées ou non par l’aide extérieure, doivent être évaluées de manière indépendante. Regardez la situation de l’éducation. La grande majorité des enfants africains ont accès à l’école, mais nous faisons le constat catastrophique qu’ils n’y apprennent pas grand-chose et que l’absentéisme est dans de nombreux pays considérable. Lutter contre la mauvaise gouvernance serait une façon plus pragmatique de lutter contre les inégalités, car au bout du compte, ce sont toujours les plus pauvres qui paient le prix des dysfonctionnements des États.

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