Après les deux principaux syndicats d’enseignants, la confédération syndicale Dynamique unitaire (DU) a appelé à la grève générale dans toute la fonction publique à partir de cette semaine. Les revendications portent sur le paiement de primes, l’investissement dans les infrastructures scolaires et hospitalières, la promesse qu’il n’y aura pas de baisse des salaires en 2017 et la libération de détenus considérés comme « prisonniers politiques ». S’ils ne sont pas entendus, les syndicats menacent d’appeler au boycott de la Coupe d’Afrique des Nations qui s’ouvre au Gabon ce 14 janvier.

La manne pour la CAN plutôt qu’aux services publics et à l’éducation. C’est en substance ce que reprochent les syndicats des employés de l’Etat gabonais à leurs autorités.

« C’est inadmissible qu’en cinq ans, on puisse organiser deux fois la CAN, alors qu’en 2010, il y a eu les Etats généraux de l’Education qui demandait que l’Etat débloque au moins 400 milliards de francs CFA par an pour construire les établissements scolaires, universitaires, et même hospitaliers !, s’insurge Jean-Rémy Yama, président de la confédération syndicale Dynamique unitaire. Et pendant sept ans, aucun établissement n’a été construit ! Les élèves apprennent à même le sol. Le gouvernement a préféré financer la CAN, c’est-à-dire préféré les loisirs, la jouissance, le spectacle, au lieu de privilégier ce qui est essentiel, c’est-à-dire l’éducation et la santé. »

De son côté, le gouvernement tente de calmer le jeu en expliquant qu’aucune baisse de salaire n’est envisagée et que des réformes sont en cours dans le secteur de l’éducation. « Que vient faire le boycott de la CAN dans des revendications d’un groupe de syndicats ? Est-ce que c’est logique? Non, monsieur !, proteste Jean-Marie Ogandanga, ministre gabonais de la Fonction publique. Il faudrait que nous soyons plus sérieux. Le Premier ministre a affirmé haut et fort qu’il n’y aura pas de baisse de salaire ! Et donc, ça coupe l’herbe sous le pied de toutes les personnes qui spéculent. Oui, nous avons des écoles à construire. D’ailleurs, nous avons un programme de construction d’écoles. Et ce programme est en cours de finalisation. Quelqu’un m’avait dit que Paris ne s’est pas fait en un jour. Ce n’est pas le Gabon qui va se faire en un jour ! »

Rfi

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