Vote sans débat des budgets à l’Hémicycle : Me Abatalib Guèye dans tous ses états.

Le vote des budgets des ministères sans débats commence à bien faire à l’Assemblée nationale. En effet, depuis un certain temps, les députés ont pris l’habitude de faire de l’exception une règle. Ce qui n’est pas du goût du député de Bokk Gis Gis, Abatalib Guèye, qui n’a pas pris de gants pour dire le fond de sa pensée.

Après l’Agriculture et l’Elevage, c’était au tour hier du ministère du Travail de faire un passage-éclair à l’Hémicycle. En un quart d’heure, indique EnQuête, le tour était joué et la séance levée. Dès l’entame de celle-ci, renseigne le journal, Penda Seck Dieng a levé la main pour introduire une proposition. Et elle était apparemment pressée d’en finir. Moustapha Niasse, le président de séance, a été obligé, à deux reprises, de lui préciser qu’elle était tenue de suivre la procédure avant d’arriver à sa proposition. Le moment venu, elle s’est levée et a suggéré à ses collègues de voter le budget sans débats. Motif? « Tout a été dit en commission. Il n’y a rien à dire ici », a-t-elle soutenu. Immédiatement, indique le journal, Abatalib Guèye a levé la main pour faire une contre-proposition dûment motivée. « Nous sommes les représentants du peuple. Et le peuple ne sait pas ce que nous faisons en commissions. La presse est là et c’est le moment de montrer à la population ce que nous faisons », a-t-il dit. Mais sa plaidoirie est tombée dans l’oreille de sourds. La proposition de Penda Seck Dieng, soumise au vote, a recueillie 31 voix pour, 16 contre et 4 abstentions parmi lesquels Moustapha Diakhaté, président du groupe parlementaire de la majorité.

« Le principe ici est le débat parlementaire. C’est le vote sans débat qui doit être l’exception. Et cette exception doit se confiner à des cas précis : certains ministères de souveraineté tels que l’armée, la présidence de la République, la Cour suprême, etc. », relève M. Guèye. Pour tous les autres ministères, renseigne-t-il, le vote de leur budgets doit être soumis un débat, surtout lorsqu’il s’agit de départements sur lesquels repose le Pse, tels que l’Agriculture, l’Elevage et autres. « Je me demande si ces partisans du non débat servent les intérêts de l’Etat et du président de la République. Parce que c’est l’occasion d’exposer ce qui a été fait. Tout n’a pas été mauvais. Il y a des avancées significatives en matière d’élevage et d’agriculture. Mais si on ne montre pas ce que l’Etat a fait, je me demande, en définitive, si ceux qui posent très souvent le problème du non débat ne sont pas contre le président de la République », s’étonne-t-il.