Voici pourquoi les présidents ont peur de lâcher le pouvoir en Afrique ? Macky humilie Habré et Wade

Conciliation entre absence d’impunité et vie post présidentielle paisible : gage de stabilité politique et institutionnelle en Afrique…Par Adama Sadio ADO

La reddition des comptes est un principe fondamental de bonne gouvernance démocratique et économique. Toutefois, la fin ne doit nullement justifier les moyens dans une démocratie. La reddition des comptes doit se faire dans le respect strict des droits humains. Le traitement réservé au Président Hissène Habré est désolant. Un ancien chef d’Etat africain traité comme un va-nu-pieds ne grandit point notre cher continent. L’article 1 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789 repris par la Déclaration universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 qui dispose « tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits. (…) » ne résiste pas au verdict des faits. Le statut d’ancien chef d’Etat confère un traitement spécial. La peur des Présidents d’Afrique de leur vie post présidentielle est l’une des causes principales des instabilités politiques et institutionnelles sur le continent africain. La société civile ouest africaine milite pour la limitation généralisée du mandat présidentiel à deux. C’est bien. Néanmoins, l’affaire Hissène Habré ne leur facilitera pas la tâche. Combien sont-ils ces Présidents africains qui sont accusés à tort ou à raison de crimes de sang ou de crimes économiques? Yaya Jammeh, Robert Mugabe et Paul Kagamé ne peuvent-ils pas être habités par le doute de la forte probabilité de rejoindre le Président Gbagbo Laurent à la CPI ou Habré aux Chambres Africaines Extraordinaires surtout vu leurs rapports pas des meilleurs avec les Occidentaux? Les Présidents Denis Sassou Nguesso, Théodore Obiang Nguéma et Aly Bongo Ondimba n’ont-ils pas peur du syndrome Karim Wade au regard des poursuites tentées à leurs égards en France à propos de biens mal acquis? Tant que l’enfer est promis aux Présidents africains en exercice, ils ne partiront pas de leur propre gré. La problématique majeure que l’Afrique doit résoudre en ce début du XXIè siècle est: comment réconcilier l’absence d’impunité et une vie post présidentielle paisible pour nos chefs d’Etat ? Tant qu’une réponse intelligente et médiane ne sera pas apportée à cette problématique, le respect strict et « africanisé » de la limitation à deux du mandat présidentiel aura encore de beaux jours devant lui.

Adama SADIO ADO(photo ci-dessous)

adama sadio
Chercheur en Science politique et en Sociologie
Rouen-France
adosadio@yahoo.fr