Vainqueur du Référendum et du HCCT…Macky est-il favori des Législatives ?

Le référendum de mars dernier et les élections du Haut Conseil des Collectivités territoriales (Hcct) sont perçus, par beaucoup, comme de réels baromètres politiques. Ils permettent ainsi, selon de nombreux hommes politiques, analystes, de mesurer le degré de popularité des hommes politiques.

Mieux, leurs avenirs politiques sont analysés à l’aune des résultats obtenus dans leurs localités.

Pourtant, à y regarder de près, nous restons convaincus qu’il s’agit de faux baromètres politiques. Le référendum, avec plus de 60% d’abstention, ne peut, en aucun cas renseigner correctement sur le penchant actuel des électeurs pour tel ou tel autre camp.

Il ne s’agissait pas d’élections avec des candidats, l’enjeu étant lié à des réformes sur lesquelles les populations devaient se prononcer. Mieux, l’opposition qui avait battu campagne pour le non et le pouvoir qui a mis tous ses moyens financiers et communicationnels dans la bataille, ont vu leurs résultats se chevaucher dans plusieurs localités du pays.
Dans ces conditions, en faire un baromètre fiable de popularité pour un camp politique, serait une erreur grave.

La preuve, on a vite fait d’enterrer politiquement Khalifa Sall et son mouvement Taxawu Dakar ou And Taxawu Dakar. On s’est moqué d’eux parce qu’ils ont perdu le référendum. Pourtant, les élections du Hcct ont vite démontré le contraire, au point d’ailleurs que c’est un vrai ouf de soulagement pour le Maire de Dakar et ses alliés. Ils ont cru devoir démontrer qu’ils tiennent encore Dakar. Et pourtant, rien n’est encore moins sûr.

L’autre exemple qui est tout aussi important, c’est Mbacké, le bastion mouride qui avait voté Non au référendum. Là aussi, qu’est-ce qui n’a pas été dit. Le pouvoir a tremblé devant la perspective de devoir se passer du vote mouride qui risque de se généraliser à tous les adeptes ô combien nombreux de cette confrérie. La victoire à Mbacké a démontré que le référendum n’était pas forcément un bon baromètre.
En somme, ce que nous voulons dire par là, c’est que ces deux élections se sont tenues dans des contextes particuliers, avec des objectifs diamétralement opposés à ceux des échéances électorales futures. Les législatives et la présidentielle ne ressemblent ni au référendum ni aux élections du Hcct.
Certes, s’agissant du Parti démocratique sénégalais (Pds), on peut penser qu’ils ont de réelles raisons de s’inquiéter après leur défaite qui est symptomatique de problèmes de fonctionnement et de revoir leurs stratégies à tous les niveaux, mais s’agissant de Khalifa Sall, de Benno Bokk Yakaar et des autres partis, le référendum et le Hcct peuvent même conduire à des erreurs d’approche.
Ces deux dernières élections étaient loin d’être indispensables au bon fonctionnement de notre démocratie. La preuve, nombre d’électeurs sénégalais n’avaient pas compris de quoi il s’agissait. Les points du référendum n’étaient pas compris et lors des élections de dimanche dernier portant sur le Hcct, seuls les Conseillers étaient appelés aux urnes. Avec les opérations de transhumance, les achats de conscience et autres manœuvres, comment veut-on que ces élections renseignent sur la popularité de tel ou tel autre candidat ?

Bien sûr, le seul intérêt des résultats de ces dernières élections nous semble être d’ordre communicationnel, pour ne pas dire psychologique. Les hommes politique ne se priveront jamais de profiter de l’occasion de ces victoires ou défaites pour redorer leur blason ou enfoncer leurs adversaires. C’est de bonne guerre. Mais cela se limite à la dimension communicationnelle, même si celle-ci a aussi son importance.

C’est pourquoi, ce qu’il faudrait que les différents camps politiques sachent, c’est que le jeu démocratique reste encore largement ouvert. Personne ne peut gagner a priori. Les victoires se préparent mais elles se méritent, surtout.
Les Etats-majors politiques n’ont pas besoin d’être en campagne électorale permanente pour gagner les élections. Sinon, ni Diouf ni Wade n’auraient jamais perdu.

Tout dépendra du bilan de Macky Sall et de la manière dont il va le défendre.
Il va sans dire que la capacité de l’opposition à s’unir pour parler d’une seule voix peut aussi être déterminante dans les résultats des élections à venir. Comme quoi, chacun doit savoir raison garder.

Rewmi