Une usine de vin à Nguékokh…Un sacrilège pour la famille du grand Erudit Ibou Sakho…

L’installation d’une exploitation viticole et d’une usine de fabrication de vin à Nguékokh n’est assurément pas du goût de la famille de feu El hadji Ibrahima Sakho dit Ibou Sakho (photo : aux côtés de Dabakh), dont le Khalife et porte parole Elhadj Habib Sakho ne décolère plus. Dans un communiqué rendu public, il a fustigé amèrement la position des autorités qui ont autorisé une telle installation qu’il considère d’ailleurs comme «une insulte à la mémoire» des fondateurs de la cité religieuse et un combat contre l’islam.
«C’est avec douleur et consternation que nous avons appris l’existence d’une exploitation agro-industrielle du vin dans notre pays, plus particulièrement à Ngekhokh, une localité dont le nom véritable et la vocation spirituelle doivent énormément à l’Islam et à l’œuvre d’illustres et de dignes fils de notre communauté musulmane. Cette découverte nous est d’un goût d’autant plus amer que nous avons l’impression que notre Gouvernement et les autorités locales de cette localité n’éprouvent aucun respect vis-à-vis de ce que représente la mémoire et l’œuvre des fondateurs de Ngekhokh aux yeux des musulmans et des Sénégalais que nous sommes », note le communiqué.
La peine et le courroux de la famille de ElhadjiElimaneSakho ont été aggravé par l’engouement suscité auprès des media internationaux par la cérémonie de dégustation des premières bouteilles issues de cette exploitation. «Notre peine est encore plus grande de voir toute la fierté qu’a suscitée à l’inverse la dégustation du vin qui est issu d’une exploitation agro-industrielle dont l’existence ne se justifie nullement. Il s’agit d’une entreprise d’exploitation agricole, de transformation industrielle du vin qui a déjà été entamée depuis un an sur une surface de 10 ha et qui en est à sa deuxième vendange et a déjà produit 500 bouteilles déjà commercialisées » ajoute le communiqué. Avant de s’indigner « des efforts consentis par nos autorités et par les souteneurs affichés ou non de cette entreprise pour faire diffuser largement la dégustation des premiers verres de ce vin.
Selon Habib Sakho et sa famille, cette exploitation est à contresens de la volonté affichée par les pouvoirs publics de lutter contre l’alcool et ses ravages au sein de notre population. «Pourquoi l’Etat laisse-t-il faire cela alors qu’il a récemment interdit la vente de certaines quantités d’alcool qui exposait les jeunes et les couches les plus défavorisées ? Où sont la cohérence et la rationalité politiques dans tout cela ? Si l’Etat veut protéger les jeunes des dangers des boissons alcoolisées, sachant en outre que les jeunes ont le droit d’être protégés, pourquoi laisse-t-il s’installer des viticulteurs et produire davantage dans notre pays», s’est interrogée la famille Sakho avant de promettre que cela «ne passera jamais inaperçu ».
Rappelons que c’est à Nguekokh où il s’est installé depuis 1929 qu’Elhadji Ibrahima Sakho a été inhumé. La cité a été rendue célèbre par les journées de prières que l’illustre disparu y avait instituées depuis 1970 et où il avait son daara et procédait à l’exploitation agricole. Pour autant, le président de la l’Association nationale des familles religieuses s’est dit prêt à mener le combat avec les musulmans pour sauvegarder cet héritage.
Source Sud Quotidien