Un expert décrypte Macky Sall : Un président qui ne se décide pas vite et qui assume des décisions prises par des gens

Journaliste et analyste politique, Mame Less Camara est d’avis que le président de la République, Macky Sall, doit revoir sa copie. Dans une interview accordée au quotidien «La Tribune», ce lundi 11 janvier 2016, il estime que «Macky Sall n’a pas donné, peut-être, à la réforme, la priorité qui aurait pu être la sienne». «Me Wade a été un président de chantiers, de réalisations. Il le rêvait si bien que finalement, il le pensait. Sur ce terrain, Macky Sall a peu de chance de faire autant sinon mieux. En 5 ans, il ne pouvait pas faire mieux que quelqu’un qui a fait 12 ans, qui a présenté un bilan qui est celui que l’on sait.
Et je pense que ce qui manque un peu, dans le régime de Macky Sall, c’est le facteur subjectif, l’implication du président en tant que responsable, en dernière instance des décisions. J’ai l’impression qu’il s’en ouvre à beaucoup qui ne pensent pas pareil. Vous voyez comment la durée du mandat oppose, entre autres, les éléments du parti de Macky Sall (Apr). J’ai l’impression que sur d’autres choses, le président ne se décide pas vite, parce que le processus de prise de décision est trop long. Trop de gens sont impliqués. Et surtout, j’ai l’impression que le président aime à assumer des décisions prises par des gens en qui il a confiance, certes, mais qui sont des gens qui veulent eux aussi leur temps afin de présenter les meilleures solutions possibles», analyse-t-il.
Mame Less Camara a aussi souligné que «le mandat du président de la République risque d’être le mandat des solutions retrouvées, des solutions non trouvées, non appliquées à temps». «Souvent, il a beaucoup trop de solutions pour résoudre les problèmes qu’il a à résoudre. Parce qu’on a l’impression qu’il y a trop de spécialistes qui s’activent autour de lui. Avec Macky Sall, il se pose le problème de la solution. Il prête trop l’oreille à trop de gens», note-t-il, avant d’ajouter : «C’est très bien d’asseoir sa décision sur des avis des gens compétents. Mais à un moment donné, il faut passer à autre chose. Et j’ai l’impression que la vitesse de passage de règlement d’un problème et de cette conscience de ce qu’on décide peut être remis en question, n’est pas très ancrée dans les habitudes du président. Je pense que c’est son premier mandat, mais qu’il aurait pu aller avec beaucoup plus d’audace».