Sidiki kaba fâche les travailleurs de la Justice…Ils décrètent une grève générale de 72 heures

Mesdames, Messieurs

Le dimanche 24 juillet 2016 a coïncidé avec l’expiration du délai du préavis de grève que le SYJUST a déposé par les soins de son BEN le vendredi 24 juin 2016 au bureau du courrier du Ministère de la Fonction Publique, de la Rationalisation des Effectifs et du Renouveau du Service Public.

Les circonstances de cette expiration sont telles qu’elles ne laissent aux Travailleurs de la justice aucune alternative autre que d’entrer en mouvement de grève pour défendre légitiment leurs intérêts matériels et moraux. Dès lors, il parait utile d’éclairer l’opinion publique sur les raisons qui ont présidé au dépôt de ce préavis de grève.

Lorsque la plateforme revendicative du SYTJUST a été déposée le 13 juillet 2014 sur la table de Monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, il s’en est suivi une discussion entre le SYTJUST et la chancellerie en plusieurs séances de travail aux termes desquelles des priorités ont été identifiées sur la plateforme revendicative et une méthode de travail définie, le tout dans le sens de résoudre efficacement une large frange des doléances des Travailleurs de la Justice.

Les priorités étaient les points de revendication relatifs aux statuts et au plan de carrière des Travailleurs de la Justice, à l’amélioration des rémunérations par l’octroi d’indemnités et de primes, à l’élargissement de l’assiette du fonds commun des greffes.

La méthode de travail définie par la chancellerie et le SYTJUST consistait à impulser ensemble des réformes dans le double sens de moderniser la Justice et d’améliorer les conditions tant sociales que professionnelles des Travailleurs de la Justice. En d’autres termes, il s’agissait pour les deux parties de produire un package de projets de décrets et d’arrêtés qui prennent en compte dans leurs diverses dispositions la satisfaction des revendications des Travailleurs de la Justice, à charge ensuite pour Monsieur le Garde des Sceaux de soumettre ces projets de décrets à la signature de Monsieur le Président la République ou qu’il signe lui-même les projets d’arrêtés  relevant de ses attributions.

Dans cet élan, le SYTJUST s’est porté volontaire pour rédiger les drafts de projets devant servir de base de travail, puisqu’il avait plus intérêt que quiconque dans cette entreprise. En effet, il fallait travailler très vite et faire une production de qualité.

Ce travail intellectuel a pris le temps nécessaire pour être accompli, car au-delà de la satisfaction des revendications des travailleurs de la Justice, la crédibilité du SYTJUST  était mise en jeu.

Ainsi, le 31 décembre 2015 à l’occasion d’une audience avec Monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, celui-ci a reçu du BEN le résultat du travail pour lequel le SYTJUST s’était porté volontaire.

Il s’agissait d’un lot de huit (08) projets de décrets et de trois (03) projets d’arrêtés.

Dès réception de ces textes, Monsieur le Ministre avait procédé à leur ventilation entre les directions et  services techniques de la chancellerie pour un travail de relecture et de polissage. Ensuite, il s’en était suivi la tenue de commissions techniques auxquelles le SYTJUST avait été représenté.

Alors, le 14 avril 2016, la dernière commission technique s’était tenue à la Direction des Services Judiciaires au ministère de la Justice et elle avait coïncidé avec la fin du processus d’amélioration des textes de la réforme. Tout était enfin prêt et validé : il ne restait que des signatures.

Après un temps d’attente, le constat était que rien ne bougeait  dans le sens attendu par le SYTJUST. A notre connaissance, jusqu’à ce jour, aucun de ces projets n’a fait l’objet d’une quelconque signature.

Le 26 mai 2016, pour faire bouger les choses, le SYTJUST par les soins de son Secrétaire Général avait adressé à Monsieur le Garde des Sceaux une correspondance en ces termes :

« Objet : Sollicitation d’une accélération du traitement

 Des projets de décrets et d’arrêtés proposés par le SYTJUST

Monsieur le Garde des Sceaux,

Je sollicite de votre bienveillance une accélération du traitement des projets de décrets et d’arrêtés que le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) a remis à votre autorité le 31 décembre 2015.

Le travail d’amélioration de ces projets de décision étant achevé, les directions à qui vous aviez confié cette tache doivent vous communiquer sans délai le résultat de leurs travaux auxquels le SYTJUST a participé, cela dans l’optique d’une progression dans la recherche de solutions aux difficultés endurées par les Travailleurs de la Justice.

  L’adoption de ces projets entrainera la satisfaction d’importantes revendications des Travailleurs de la Justice qui, faudrait-il le souligner, ont fait preuve d’une belle résilience et d’une grande maturité.

Puissiez-vous me permettre par ailleurs de relever que des Travailleurs placés sous votre tutelle ont foi en votre engagement à l’amélioration de leurs conditions d’existence tant professionnelles que sociales.

 Cette conviction est le soubassement de la paix et la stabilité sociales que tout le monde a pu constater durant votre magistère et qui sont le gage d’une nette amélioration de la qualité du service public de la Justice. Aussi, elle a permis entre la chancellerie et le SYTJUST l’établissement d’un partenariat franc, sincère et empreint de respect.

Dès lors, je crois avoir des raisons valables de demander au nom des Travailleurs de la Justice d’avantage de manifestation de cet engagement pour l’adoption de ces projets de décisions. D’ailleurs, l’adoption de ces textes sera très certainement une avancée significative dans le processus de modernisation de la Justice.   

A l’instar de tous mes camarades, votre sollicitude m’obligerait pleinement.

  Je vous en souhaite bonne réception tout en vous priant de bien vouloir agréer l’expression de ma pleine et entière déférence. »

Le 9 juin 2016, suite à une absence de réaction à l’appel ci-dessus, le SYTJUST toujours par l’entremise de son S G avait adressé une demande d’audience à Monsieur le Ministre de la justice la Justice en ces termes :

« Monsieur le Garde des Sceaux,

J’ai l’honneur de solliciter de votre bienveillance une audience pour le Bureau Exécutif National (BEN).

En vous rencontrant, le BEN voudrait examiner avec votre autorité l’état d’avancement des travaux que la chancellerie a effectués en synergie avec le SYTJUST dans la recherche de réponses aux doléances des Travailleurs de la Justice, pour définir ensemble la prochaine étape à franchir.

A l’instar de tous mes camarades, je vous saurais gré pleinement et entièrement de votre très haute sollicitude.

Je vous en souhaite bonne réception tout en vous priant d’agréer l’expression de ma profonde déférence. »

Le 22 juin 2016, deux semaines après sans aucune réponse de Monsieur le Ministre, le SG lui adressa un sms qui enregistra la même absence de réaction.

Ainsi, il était devenu manifeste que les doléances des Travailleurs de Justice étaient à la périphérie de ses préoccupations.

Cette conviction étant dès à présent sans équivoque au niveau du BEN, celui-ci avait déposé le 24 juin 2016 un préavis de grève en ces termes :

« LE  BUREAU EXECUTIF NATIONAL

Considérant que le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) avait déposé une plateforme revendicative sur la table du gouvernement le 13 août 2014 ;

Considérant que depuis cette date, aucun point de revendication n’a été satisfait ;

Considérant que le SYTJUST a toujours privilégié le dialogue paisible pour la sauvegarde de la continuité du service public de la Justice ;

Considérant malheureusement que le gouvernement ne semble pas vouloir saisir cette opportunité pour régler dans le calme et la sérénité les problèmes

Soulevés par le SYTJUST dans sa plateforme revendicative et qui sont les principales causes de la dégradation du service public de la Justice ;  

Considérant par ailleurs que consécutivement à un mois de grève, le SYTJUST avait signé le 30 juillet 2013 avec le gouvernement un protocole d’accord par lequel l’Etat s’était engagé à évaluer l’accord au bout de deux ans ;

Considérant que l’échéance fixée par le gouvernement pour évaluer ledit protocole d’accord a été dépassée depuis presque une année sans aucune réaction de l’Etat et cela, malgré la relance effectuée par le SYTJUST dans son préavis de grève du 15 juin 2015 ;

Considérant que cet état de fait met drastiquement en péril les acquis et les droits des Travailleurs de la Justice tout en exacerbant la pauvreté et la précarité dans lesquelles ils contribuent à l’exercice du pouvoir judicaire et à l’offre de service public de la Justice ;

Considérant dans ces conditions qu’il n’est laissé aux Travailleurs de la Justice aucune possibilité autre que la cessation concertée et collective du travail pour protester contre la négligence réservée à leurs revendications ;

Sur ce ;

DONNE PREAVIS DE GREVE AU GOUVERNEMENT

Pour :

  1. La satisfaction totale sans condition et sans délai de tous les points de revendication consignés dans la plateforme revendicative ;
  2. La tenue immédiate d’une rencontre entre le Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, le Ministre de la fonction publique et le BEN du SYTJUST pour l’évaluation du protocole d’accord du 30 juillet 2013 ;
  3. La finalisation immédiate des réformes contenues dans les projets de textes que le SYTJUST, par ses soins, a déposés entre les mains de Monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, le 31 décembre 2015 ;

ATTIRE L’ATTENTION DU GOUVERNEMENT

Qu’au-delà du délai de rigueur d’un mois sans réponses probantes, les membres du Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) se réservent l’exercice de leur droit de cesser collectivement le travail conformément à l’article 25 de la constitution, et cela pour une période d’une année,  pour compter de la date de dépôt du présent.

Fait à Dakar, le 24 juin 2016

Pour le Bureau Exécutif National

LE SECRETAIRE GENERAL »

Mesdames et messieurs, vous conviendriez certainement avec le BEN que cet état de fait nécessite de la part des Travailleurs de la Justice une réaction à la mesure de l’indifférence affichée par Monsieur le Garde des Sceaux et la Chancellerie.

C’est fort de ces raisons entre autres que le BEN, après concertation avec les représentants de la base, décrète une cessation concertée et collective du travail pour 72 heures à partir de ce mardi 26 juillet 2016.

Il faut dont retenir que l’unique comptable de cette crise n’est que monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice qui a rompu unilatéralement et brutalement le dialogue social.

C’est l’occasion pour le BEN de lancer un appel à tous les militants et militantes du SYTJUST à une large mobilisation sur tout le territoire national pour le triomphe de nos idéaux et la satisfaction de nos légitimes revendications.

« ENSEMBLE NOUS VAINCRONS, VIVE LE SYTJUST »

Fait à Dakar, le 26 juillet 2016

Par le BEN du SYTJUST