#SamaDundu : récit de vie d’un enseignant menacé de radiation

Hier je parlais à un collègue sur la situation qui prévaut dans l’éducation du Sénégal. Il m’a dit :

  • Tu sais Khadim, moi je n’habite pas cette ville. J’y suis arrivé par affectation après plusieurs compétitions. Quand je suis arrivé j’i fait venir ma femme et mes deux enfants Aminata 05 ans et Saliou 02 ans, et la grande famille est restée à HLM Kaolack, je n’y vais qu’à la fin du mois pour donner à ma mère sa ration alimentaire qui en même temps permet à toute la famille de vivre puisque personne parmi mes trois frères n’a un emploi stable et j’ai deux sœurs qui ne se sont pas encore mariées et une cousine qui vit chez nous depuis son sevrage, il y a de cela 20 ans.
  • Donc, par la volonté de Dieu, je suis le soutien de 2 familles à la fois. Sans oublier que lorsque je suis arrivé, ma tante m’a envoyé sa fille qui ne voulait plus étudier pour qu’elle vive avec moi afin que je l’aide à retrouver l’amour des études. Pour parler de chiffre j’ai à ma charge pas mois de 12 personnes qui dépendent directement de mon salaire, qui est presque inexistant.

A la banque je suis débiteur puisque je vis avec un découvert que je traine depuis les frais liés à  la naissance de ma fille ainée. Donc ce n’ai pas la peine de te dire que mon salaire ne me permet pas d’épargner un rond. D’ailleurs pour joindre les 2 bouts du mois je suis obligé de faire des gymnastiques. On me doit banalement 4 avancements (08 ans de services au moins). Si nous estimons le dû pour ses avancement j’aurais au moins 60.000 de plus sur mon salaire chaque mois. Depuis 2 ans je cours derrière ces avancements vainement. Je réclame ce droit, on ne me le paye pas et pire encore, il ponctionne le peu que j’ai. Ce mois-ci quand j’ai demandé ma position à la banque, on m’a dit qu’il me restait 19.151f CFA du maigre salaire que j’ai.

 

Je suis en train d’être brimé, humilié et déshonoré. Et pourtant c’est cet Etat là, qui en 2006 avait exprimé son besoin d’enseignant et avait lancé un recrutement de vacataires pour que les jeunes diplômés viennent l’aider à résorber ce gap d’enseignant et permettre par la même occasion de relancer l’éducation et de la placer sur la voie de la qualité. En ce moment, j’avais déjà une Licence en lettres Modernes. Parallèlement je détenais aussi un Bachelor en Marketing-Communication et j’étais en train de suivre un Master. Par patriotisme, par sens du sacrifice, j’ai arrêté mes études et je suis venu prêter main forte à mon pays, le Sénégal. Depuis lors, ces politiciens arrivés au pouvoir ont oublié que c’était l’Eat lui-même qui avait besoin de moi au début. Pour mon intégration dans la fonction publique c’était une bataille, pour mes avancement, c’est maintenant une bataille, et le comble de tout il me menace de me radier, malgré tous les sacrifices que j’ai consentis pour lui.

 

Le Président de la République fait des bourses sociales sa pierre de lance, ma famille n’en a pas bénéficier parce que je l’ai entretenais. Il parle de création d’emplois par-ci par-là, et voilà que son Ministre de l’éducation lui, en détruit. En me radiant du corps des fonctionnaires ce sont deux familles que l’on brise, c’est la sécurité sociale du pays que l’on met en jeu, c’est la paix social que l’on fragilise.

Mais je suis musulman, fervent mouride. Serigne Touba est pour moi un parfait exemple d’endurance et de persévérance. « Koo yakaar, Yallah la yakaar ».

Je suis en train de faire mes bagages pour rentrer chez moi, parce que cette menace ne m’ébranle pas. S’il avait dit que celui qui ne fléchit pas sera tué, j’aurais commencé à creuser ma tombe et je les attendrais au pied du trou. Dieu est toujours avec les justes !

 

« Si le mensonge suit le chemin, la vérité bifurquera dans les herbes » dit un proverbe africain.

 

Il me radie, Dieu me réengage, incha Allah !

 

Je demande à ce Ministre de se souvenir de cet adage Burkinaabé où qu’il soit : «  L’abus de la force use la force, l’abus du pouvoir use le pouvoir. »

1 Comment

  1. C est avec les larmes aux yeux que j ai lu entierement cet article. Je suis desole pour mes emotions devant lea paroles ecritent de cet homme. Ne voyez vous pas la detresse de ces enseignants?
    Ne voyez vous pas des hommes et femmes qui souhaitent juste recevoir meme le PEU que l ont leurs donnent?
    Comment voulez vous qu ils vivent?
    Comment construire un pays sans l education? En lisant Les presses ont peu voire le niveau tres bas de l education scolaire au Senegal.
    Le Ruanda a tous mis sur l education pour pouvoir changer le pays en bien.
    Je soutiens les enseignants dans l espoir de voir un meilleur Senegal. Bon ramadan a tous.

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