Réforme des institutions, Assemblée nationale… Ismaila Madior Fall, l’homme qui pousse Macky vers de grosses erreurs

C’est connu, Ismaila Madior Fall gagne de plus en de terrain dans l’espace présidentiel. Avec un zèle inimaginable, il est au cœur de toutes les réformes, même du règlement intérieur de l’Assemblée nationale para commandé par la présidence. Le chef de l’Etat Macky Sall et son entourage immédiat sont en train de s’isoler davantage, en déchirant les réformes de la Cnri, pour imposer celles d’un clan. Les cas Blaise Comparé, Moussa Dadis Camara et Laurent Gbabo, qui ont chuté dans des conditions déshonorables, résonnent encore dans nos mémoires.
Le président de la République Macky Sall a été élu grâce à Benno Bokk Yaakaar. La plupart des figures de cette coalition ont signé et approuvé cette réforme de la Constitution issue des Assises nationales. Une fois au pouvoir, le chef de l’Etat a beaucoup hésité avant de rejeter cette réforme en bloc. Pour profaner les réformes de la commission d’Amadou Makhtar Mbow, c’est le ministre conseiller juridique du président de la République, Ismaila Madior Fall, qui a été chargé d’aller au front. Il n’a trouvé que des failles dans le rapport de la Commission national de réforme des institutions (Cnri), «L’option du tout ou rien a mené à l’impasse. C’est un malaise qu’il faut vite lever. Le dernier mot revient au commanditaire (Ndlr : Macky Sall)», a déclaré Ismaïla Madior Fall. Sur le fond, le professeur de droit n’a trouvé que des dispositions «problématiques» qui tendent à «affaiblir» l’autorité du président de la République. «Il y a des dispositions problématiques. Il y a une ‘parlementarisation’ pernicieuse et le renforcement du bicéphalisme. Pour l’exécutif, il y aura un problème légiste constitutionnel. Il y a une fragilisation de l’institution présidentielle et la dissolution de l’autorité nécessaire au leadership dans un Etat», dira-t-il.
Hier, interrogé par nos confrères de l’OBS, sur une autre réforme qui concerne l’Assemblée nationale et le recours introduit par l’opposition, Madior le néo-faucon du Palais rétorquera : «le recours des députés devrait être déclaré irrecevable.» Il explique dans cette interview, avec beaucoup de difficultés, que pendant longtemps, le règlement intérieur avait valeur de loi organique. En conséquence, il était admissible (même si cela ne s’est pas fait) que les députés puissent l’attaquer devant le conseil constitutionnel, après son vote et avant sa promulgation. «Mais, avec l’instauration, puis la restauration du Sénat et plus précisément, les réformes constitutionnelles de 2007 et de 2008, le règlement intérieur de l’Assemblée, même si certains articles de la Constitution continuent à faire référence à lui, comme loi organique, est juridiquement devenu un acte législatif, une simple résolution pouvant être coutumièrement assimilée, pour les commodités de la procédure législative, à une loi, mais que les députés n’ont pas rigoureusement le droit d’attaquer en inconstitutionnalité», analysera-t-il.
Cependant, le président de la République Macky Sall doit beaucoup faire attention. Car en Afrique, plusieurs constitutionalistes ne militent pas souvent du côté de la vérité. On a les cas des présidents Laurent Gbabo, Moussa Dadis Camara et Blaise Comparé, qui ont été induits en erreur par leurs conseillers juridiques. Aujourd’hui, on connait leur sort. Madior Fall, dont on ne nie pas la connaissance des instituions, soutient, des fois des propositions plus partisanes que républicaines. En attendant d’autres réformes, on est en mesure de dire qu’il est en train d’induire le président Macky Sall en erreur.

Rewmi