Que vaut Mimi Touré dans l’APR ? Combattue ou Mise au frigo…

On l’appelle Mimi et elle fut du combat pour la victoire de Macky Sall parce qu’elle a cru en une gouvernance de rupture conformément à ses rêves de jeunesse, à son expérience internationale et à sa nature de femme de refus.

Mais travailler avec Macky Sall pour y parvenir n’est pas concluant car elle est libre. Elle n’accepte jamais le rôle d’une marionnette qu’orientent des instructions qui ne charrient pas en elles une justesse. Elle n’hésite pas à dire Non quel que soit l’interlocuteur. Ne se laissant pas marcher sur les pieds, elle a une autorité naturelle inextricable à des principes. C’est pourquoi, elle est atrocement combattue dans l’APR.
Radicale dans ses positions parce qu’ayant une lecture inébranlable de la gouvernance, elle s’illustra, quand elle fut Ministre de la Justice, par une traque acharnée d’anciens du régime défait, particulièrement avec la CREI dont elle fit sonner les étriers, faisant dresser une liste de pontes de la Wadie devant répondre de faits d’enrichissement illicite. Mais seul Karim Wade en fit les frais et la suite lui est passée sous le nez.
Sa méthode l’identifie une Golda Meir, version tropicale, prête à lancer des missiles sur ses cibles. Mais elle a cru en elle. Macky Sall en fit alors Premier ministre, à la place de Abdoul Mbaye. Elle annonça immédiatement une ligne d’action devenue célèbre : accélérer une cadence qu’elle n’eut, hélas, jamais le temps de démarrer, n’ayant guère à la Primature.

Aujourd’hui, Aminata Touré, celle qui voulait la rupture , prête à barrer la route à toute émergence d’une dynastie Faye-Sall, disposée à faire déguerpir les cancres qui assombrissent la 2nde alternance et décidée à un assainissement drastique des finances publiques au moyen d’une gouvernance vertueuse réelle est mise sur la touche, avec pour tiare de façade une fonction d’Envoyée Spéciale comme si le Sénégal est une Organisation onusienne !

Elle aurait alors dû quitter ce régime. Mais elle accepta, demeurant encore loyale à Macky Sall et défendant même laborieusement sa politique quoique rythmée d’erreurs et de bourdes. Dans l’histoire, elle est la seule personnalité à quitter la Primature en restant fidèle au régime. Mais ignorée et mise au frigo, elle découvre comme une citoyenne ordinaire les actes graves du régime auquel elle appartient encore.
Karim Wade est libéré après une négociation clandestine à son insu. Et la traque des biens supposés mal acquis qu’elle menait est mise en apnée, devenant pour elle soit un désaveu, soit une trahison.

Pire, elle découvre le rapport de l’OFNAC épinglant impunément des responsables APR confiés à de lourdes responsabilités d’Etat. Des centaines de millions du contribuable ont disparu. Des transhumants et des responsables APR inculpés pour de graves actes de corruption sont adoubés en PCA par Macky Sall. Des énergumènes de l’APR s’agitent et piaffent donnant au parti une image drôle. Aminata Touré ne se retrouve pas dans cette spirale politicienne de forfaiture même si elle garde le silence, par loyauté et élégance.
Bien avant Tanor, son nom circulait pour la Présidence du HCCT, 3ème Institution de la République, pour sa loyauté et son statut d’ancien Premier ministre. Mais Macky choisit le PS, ce parti qu’il a, lui et Aminata Touré, avec les forces de gauche des années 90, farouchement et férocement combattu.

Macky Sall ne parle plus d’elle, préférant les Socialistes des années 90, les tortueux que rien n’illustre et les preneurs d’otage de l’APR. Si Aminata Touré n’est pas désavouée, elle est alors simplement trahie !

Le Piroguier de Rewmi