Pressions de familles religieuses sur Macky…Contre le retrait des enfants de la rue…

Les talibés et les «enfants de la rue» ne seront pas les seules victimes de la décision de retrait des enfants de la rue.  Selon certaines indiscrétions, la colère couve dans des foyers religieux qui dénoncent cette mesure qui, d’après eux, va à l’encontre des préceptes de l’islam. Et cela commence à dégénérer à Kaolack, où le vice-président de la fédération des associations des maîtres coraniques du sénégal (famcs), Mouhamadou Lamine FALL, auteur d’une fatwa contre la mesure, a été placé en garde-à-vue au commissariat de police, hier.

La décision de l’Etat de retirer les enfants de la rue est en train de susciter une vive polémique et une colère noire des chefs religieux. Selon nos sources, dans toutes les régions du Sénégal à forte présence religieuse, la colère est perceptible contre le régime de Macky Sall accusé de combattre la religion. Pour ces religieux, retirer les talibés des rues, c’est tout simplement déclarer la guerre à la religion. La mendicité des talibés ne constitue pas, à leurs yeux, une maltraitance, mais plutôt une manière d’inculquer une leçon de vie à ces jeunes. Si dans les autres régions ça grogne, à Kaolack la Famcs a lancé une fatwa contre le régime de Macky Sall au cours d’une marche de protestation lors de laquelle le porte-parole et viceprésident de ladite Fédération, Mouhamadou Lamine Fall, s’insurgeait contre la décision des
autorités de retirer les enfants de la rue. Hier, le porte-parole de la Fédération nationale des maîtres coraniques du Sénégal a été arrêté et placé en garde-à-vue, jusqu’au moment où nous mettions sous presse, dans les locaux du Commissariat central de Kaolack. Une arrestation qui risque de mettre le feu aux poudres, car plus de 150 maîtres coraniques se sont mobilisés aussitôt devant le commissariat de police pour apporter leur soutien à Mouhamadou Lamine Fall. Ils ont effectué la prière devant les locaux de la police pour exiger la libération de leur collègue. La situation était tendue.

Vraisemblablement, l’Etat a opté pour la méthode forte afin de faire exécuter la décision de retrait des enfants de la rue et combattre ceux qui veulent entraver la mise en oeuvre du texte qui a commencé depuis quelques jours. Plusieurs enfants qui trainaient dans les rues de la capitale sont aujourd’hui internés dans quelques centres d’accueil. Maintenant, il reste à savoir jusqu’où pourrait-on aller dans l’application de cette mesure, compte tenu des les remous qu’elle est en train de créer. Le gouvernement cèdera-t-il à la pression de certains foyers religieux, même s’il a le soutien des plusieurs dignitaires religieux ? Les prochains jours nous en diront plus.