Pourquoi un appel au dialogue maintenant…? Est-ce le moment de dialoguer face aux défis ?

Macky Sall a lancé un appel au dialogue national…Mais selon plusieurs observateurs, le Sénégal n’est pas en crise pour prétendre à un dialogue national…

Fatou Sow Sarr, Sociologue et directrice du Laboratoire genre de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) était, samedi dernier, l’invitée de l’émission « Grand Oral » sur la radio Rewmi FM. Elle a saisi l’occasion pour aborder l’appel au dialogue lancé par le Président Macky Sall..

Dialogue du 28 mai prochain

« Je pense que c’est toujours important de faire le dialogue quelles que soient les circonstances. Il faut qu’on remonte à notre propre histoire et à notre propre culture pour comprendre les enjeux et la nécessité d’un dialogue. Il y a plusieurs types de dialogues mais ici, on l’a qualifié de dialogue national. Aujourd’hui, la question, c’est dialoguer pourquoi ? La société n’est pas en crise. Vous savez qu’en Afrique le dialogue national à une connotation. C’est généralement dans les pays en crise qu’on parle de dialogue national. Le Sénégal est loin de là mais, on a des institutions qui fonctionnent, un gouvernement qui doit gouverner, l’opposition qui doit s’opposer. Maintenant, il faut voir si ce dialogue c’est pour nous construire par rapport à l’avenir, c’est-à-dire aux défis qui nous attendent. C’est peut-être là où se situent, à mon avis, les enjeux qu’on doit définir. Pour le moment, on a un cadre vide. On  nous dit on va dialoguer mais on ne nous a pas dit sur quoi. Peut-être que c’est le moment dans la démarche méthodologique de construction de contenu en laissant les différentes parties prenantes, les différentes composantes de la société, chacun s’exprimer. Il arrivera un moment où le tamisage permettra de faire émerger les questions qui paraissent être les préoccupations essentielles des Sénégalais et le dialogue portera sur cela. En ce moment, chacun est en train de sortir ses préoccupations sur ce qui devrait être ce dialogue-là. Nous avons aussi nos points de vue sur ces questions en tant que sociologue. Je pense que chacun va appréhender ce dialogue à partir de son lieu-dénonciation. C’est-à-dire à partir de ses propres préoccupations. Aujourd’hui, la question de la sécurité nationale face à l’instabilité qui se pose dans la sous-région devient une question où il doit y avoir une attitude commune et un engagement commun. Il y a la question du chômage, la question des religions et des idéologies. Nous sommes dans un pays où la religion a été un facteur d’habilité grâce aux confréries. Cependant, nous sommes envahis de plus en plus par des idéologies nouvelles qui sont sources d’instabilité. Et, si nous ne sommes pas capables d’anticiper et de réfléchir sur toutes ces questions pour savoir ce qu’il faut faire, il se posera alors un véritable problème. Un des autres défis, c’est également la question du pétrole. »