Pourquoi Tanor veut Macky comme candidat en 2019 ? Le mystère enfin dévoilé…

Ousmane Tanor Dieng est logique avec lui-même. En 2019, il aura 71 ans, un âge qui, pour un homme politique clairvoyant, exhale une retraite. Depuis le fameux Congrès sans débat inscrit dans les pages obscures de l’histoire des partis du Sénégal, il dirige le PS, membre de l’influente et juteuse Internationale socialiste où il siège, bénéficiant de gros privilèges.

Malheureusement, jamais il n’a réussi à donner au PS un élan triomphaliste. Il est conscient de son inaptitude à lui redonner son halo d’antan. C’est avec lui et à cause de lui que les socialistes ont d’ailleurs perdu le pouvoir. Il le sait bien, étant lucide.

Mais il tient ardemment à la direction du parti et combat toujours, par procuration, quiconque l’y encombre. Son antipathie pour les pionniers socialistes qui furent avec Senghor et avec Diouf, l’ont même amené à engager une bataille féroce contre eux jusqu’à les pousser à la porte de sortie, provoquant une saignée fatale du parti. C’est cette même bataille qu’il mène contre Khalifa Sall, Aissata Tall Sall et les autres indomptables.

À cause de lui, le PS est si déplumé qu’il lui est impossible de prendre un envol conquérant. A toute Présidentielle, le pourcentage électoral du candidat Ousmane Tanor Dieng s’effondre et passe de mal en pis, rendant compte de son manque d’aura et de son déficit de popularité aussi bien auprès de beaucoup de socialistes que des Sénégalais. C’est une triste réalité.
Mais le SG du PS est intelligent. Il connait ses limites. Il sait qu’en 2019, il lui est impossible de faire mieux. Il aura, s’il se présente, un résultat électoral encore plus humiliant. Il en est conscient. Mener avec Macky Sall un ferme jeu de loyauté et en faire son candidat, est alors la seule alternative qui lui reste.

Celui-ci lui a d’ailleurs tendu la perche en l’aidant à disposer de la Présidence du HCCT, une Institution aussi impopulaire que lui, pour jouir d’une existence institutionnelle et aisément budgétaire.
Macky Sall est donc son sauveur politique. Il se range alors derrière lui comme un enfant dans l’antre d’un protecteur qui sauve de la punition et de l’humiliation. Faire de lui son candidat en 2019 n’est finalement pas un choix mais une décision irréversible silencieusement gardée. Et il œuvre astucieusement à ce que ses inconditionnels s’en accommodent.
Cette décision irréversible d’en faire son candidat et, par ricochet, celui de « son » PS n’est ni un projet de vendre le parti, ni un plan de carrière, mais une volonté bien réfléchie de se sauver du châtiment électoral.

La constance politique, la convergence de vue et l’alibi de la création d’une gigantesque force présidentielle sera son argutie d’échappatoire. Il sait que dans une Présidentielle, il ne peut même pas arriver à un 2nd tour pour faire sonner des étriers d’une victoire. C’est même de l’utopie et dans le secret de la Maison du parti, les socialistes lucides le savent bien.

Ousmane Tanor Dieng ne peut et ne gagnera jamais une Présidentielle et s’il se présente en 2019, il sera englouti dans un gouffre électoral qui lui fera subir une terrible expiation politique.
Jouer la carte Macky est alors pour lui la seule, unique, irrévocable et irréversible alternative pour ne pas être châtié par l’électorat. Il ira indubitablement aux Législatives avec le camp de Benno, la voie sera clairement balisée et Macky Sall sera naturellement le candidat de …« son » PS.

Rewmi