Pourquoi Macky Sall a choisi le socialiste Tanor Dieng pour le HCCT ?

Le choix du Président du Haut Conseil des Collectivités territoriales (Hcct) revient au leader socialiste qui est pressenti. Presque naturellement, serions-nous tentés de dire. Et pour cause.

C’est ne pas parce qu’il a gagné haut la main les élections du Hcct dans son fief de Mbour où il était tête de liste. Ce n’est pas non plus parce qu’on avait annoncé en grande pompe qu’il allait diriger cette institution sans que l’information ne soit démentie. Parce que, somme toute, comme il l’a lui-même annoncé, c’est le président Sall qui décide en toute souveraineté.

La raison fondamentale qui va déterminer le choix du Chef de l’Etat relève de deux facteurs combinés. Le premier tient à son compagnonnage d’avec Macky. Tanor s’est engagé à accompagner le président Sall selon une logique qu’il a théorisée lui-même : Gagner ensemble et gouverner ensemble. Il s’y est engagé à fond. Et de cela, personne n’en doute. Il a des ministres dans l’attelage gouvernemental, même si son allié Ali Aïdara a été défénestré sans forcément avoir son avis. Il a respecté tout le « protocole » qu’exige ce type de compagnonnage. Il n’a pas par exemple critiqué la gestion de Macky et il a participé à toutes les élections qui se sont tenues jusqu’ici.

Cela lui a même coûté la cohésion de son parti et sa crédibilité en tant que leader du plus ancien parti politique du Sénégal.

Ainsi, le Parti socialiste (Ps) est secoué par une vague de contestations qu‘animent les membres de la coalition « Taxawu Dakar », Khalifa Sall et consorts, sans oublier Aïssata Tall Sall. Le parti est même menacé d’implosion. Le syndrome Afp guette cette formation pourtant très structurée. Aujourd’hui, nombre de cadres ne participent plus aux instances de réunion. C’est la dualité au sommet. La question de la candidature en 2019, est l’un des plus grands points de discorde.

Par ricochet, la crédibilité de Tanor lui-même en a pris un sacré coup. Contesté en interne, il est de plus en plus pointé du doigt par des citoyens et observateurs qui ne comprennent pas son attitude.
Un engagement qui pourrait fortement conditionner le choix de Macky. Ce sera le résultat de la course. Une course qui a chamboulé le Ps et discréditer largement son leader.

Toutefois, ce point n’aurait pas suffi s’il n’y avait pas la rivalité Niass/Tanor. On ne le dira jamais assez, cette rivalité a empêché la coalition Benno Siggil Sénégal d’avoir un candidat unique qui aurait pesé lourd dans le choix des électeurs. Au lieu de s’entendre, Niass, le leader de l’alliance des forces du progrès, et Tanor, ont préféré créer leurs propres coalitions. Bss et Benno ak Tanor. Cela a permis à Macky de se positionner et de gagner.

Donc, comme Niass a hérité du poste très glorieux de Président de l’Assemblée nationale, il était important que Tanor qui est aussi aux côtés du Président, soit récompensé tout aussi honorablement. Et c’est le Hcct qui va faire l’affaire. Ainsi, Macky sera assuré des soutiens permanents de dinosaures politiques de la trempe de Tanor et de Niass qu’il a placés à la tête d’importantes structures.
Bien sûr, ce faisant, les Socialistes doivent tirer un trait sur leurs rêves d’avoir un candidat, à moins que Khalifa ne prenne ses responsabilités comme il l’a fait lors du référendum et lors des élections du Hcct.

Tanor qui n’a jamais officiellement accepté un poste de responsabilité en dehors de celui de Ministre d’Etat, aura son institution taillée sur mesure, ce qui va aussi contribuer à davantage raffermir les liens au sein de Bby. Un Bby affaibli, cependant.

Rewmi.com