Pourquoi le fils de l’ancien président a-t-il été contraint à l‘exil ?

Quelques jours après sa libération et son « exil » à Doha, on en sait un peu plus sur les raisons qui ont conduit le fils de Me Wade à quitter nuitamment le territoire sénégalais. Selon des sources proches du dossier, « il était conclu que Karim Wade sorte de prison et du pays, au risque d’installer un désordre public ». 

Annoncée par le chef de l’Etat sur les ondes de Rfi, la libération de Karim Wade n’est pas de tout repos pour lui et ses militants. Elle a connu beaucoup de tractations avant d’aboutir sur un compromis. Déjà, le chef de l’État, dans son entretien avec nos confrères, le 3 juin dernier, déclarait : « Beaucoup de personnes demandent qu’il soit élargi. Tout ça, c’est possible. Il ne faut pas désespérer que cela puisse avoir lieu. Tout cela se fait dans le cadre de la loi ou des prérogatives constitutionnelles du président de la République ».

Des sources  proches du dossier se veulent formelles : « L’une des principales conditions de Macky Sall pour cette libération, était que Karim Wade ne reste pas pays, mais surtout qu’il ne se rende ni à Touba ni à Tivaouane ».

« Karim Wade n’est demandeur de rien. C’est à Rebeuss qu’on lui a confectionné son passeport. Ils sont venus là-bas pour lui confectionner le document. Ils voulaient négocier avec lui, mais, il leur a dit qu’il préférait purger ses trois ans et 2 ans de plus pour les amendes et la contrainte par corps, que de sortir et d’aller prier sur la tombe de son père. Négocier sa sortie serait pour lui poignarder son père », indiquent nos interlocuteurs.

D’après nos sources, « les tenants du pouvoir ont fait toutes sortes de pressions, mais il a refusé. Il n’a rien signé ».

Nos sources révèlent que le régime en place ne voulait pas que Karim Wade fasse le tour des cités religieuses, « au risque d’installer un désordre public ».

« Macky Sall, lors de ses visites à Touba et Tivaouane, il a dit au Khalife général des mourides et au porte-parole du Khalife des tidianes qu’il va libérer Karim Wade, mais il faut qu’il quitte le pays. Parce que, s’il reste, il va faire le tour du pays, et il drainera une foule que même l’armée ne pourra pas retenir ». C’est ainsi que le Khalife des mourides lui a donné le « Ndigël » de quitter le pays. Et en bon mouride, il a suivi la consigne de son marabout », soulignent-elles.

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