On se bat chez les socialistes…Entre Tanor et le dernier PM de Diouf-la-gaffe, c’est la bagarre !

Ce n’est plus le grand amour entre le Secrétaire général du Ps, Ousmane Tanor Dieng et le dernier Premier ministre du défunt régime socialiste. Pourtant, tout baignait jusque-là entre les deux hommes liés par une estime réciproque et une complicité qui remontent à l’époque où ils étaient les deux plus proches collaborateurs du Président Abdou Diouf. Ousmane Tanor Dieng en tant que Ministre d’Etat en charge des affaires et Services présidentiels et Mamadou Lamine Loum comme chef du Gouvernement.
Ayant en commun le culte de l’Etat et un sens élevé de la mesure, leurs relations étaient cordiales et empreintes de respect. C’est d’ailleurs avec la bénédiction de Tanor que Loum a été choisi comme l’un des principaux acteurs des Assises nationales en 2008. Il était ainsi le vice-président du Comité national de pilotage de ces Assises aux côtés du Doyen Amadou Makhtar Mbow qui en était le Président. Un choix pour lequel l’avis de Tanor avait beaucoup pesé à l’instar de celui de Moustapha Niasse. Car, faut-il rappeler, leurs partis respectifs, le Ps et l’Afp étaient les deux principales composantes du Front Siggil Senegaal, initiateur des Assises.
Loum de son côté a toujours rendu la politesse à Tanor. Opposant un refus poli à tous ceux qui voulaient le pousser à être candidat à la candidature socialiste pour la présidentielle, il a toujours confié en privé n’avoir aucune ambition tant que Tanor resterait le Secrétaire général du Ps et le candidat naturel des socialistes. Bref il y’avait comme un gentleman agreement entre les deux hommes ; une sorte de code de bonne conduite, chacun voulant avoir une attitude irréprochable vis-à-vis de l’autre.
Mais c’était sans compter avec le sort que Macky Sall allait réserver aux conclusions des Assises nationales et au rapport de la CNRI sur les propositions de réformes institutionnelles qu’il a lui-même commanditées au Doyen Mbow et à son équipe dont Mamadou Lamine Loum. Quand Macky a voulu se désengager sur certaines recommandations des Assises nationales, prétextant avoir signé le Charte de gouvernance démocratique avec des réserves, c’est Loum qui le démentira formellement. N’appréciant guère la reculade du Président Macky Sall sur cette question, Loum sera encore plus remonté contre les attaques en règle du Président et de son entourage contre la CNRI. Pendant ce temps, Tanor qui devait être prompt à prendre leur défense et surtout celle du Doyen Mbow que le front Siggil Senegaal avait tiré de sa retraite tranquille pour conduire les Assisses, Tanor donc laissa faire son allié le Président. Affichant ainsi un silence complice au sein de Loum et des collaborateurs d’Amadou Makhtar Mbow. Les germes du coup de froid entre les deux hommes venaient de faire leur apparition.
Pis, excédé par la façon de faire de Macky, l’ancien Premier ministre ne se gêne pas d’indexer publiquement les travers de sa gouvernance. Soutenant que les deniers publics sont géographiquement mal répartis, que les fonds spéciaux sont une source de désordre financier et qu’il y’a une exagération dans les décrets d’avance. Des lors, le fossé se creuse entre Loum, plutôt déçu par les trois premiers années de magistère de Macky et Tanor qui s’emmure dans son silence et ne pipe mot sur les errements de l’actuel régime. Ainsi même si aucun des deux ne le manifeste ouvertement, un profond désaccord existe à présent entre Tanor et Loum. Ce dernier ne devrait pas compter sur le soutien du Secrétaire général du Ps si jamais Macky, très allergique à la critique, était tenté de le limoger de ses fonctions du Président d’administration (Pca) de la Bicis. Car Tanor qui avait pourtant donné sa bénédiction à cette nomination serait même prêt à le lâcher tellement la fissure est de plus en plus béante entre lui et l’ancien Pm de Diouf.