Mouhamadou Bamba Sall : « En aucun cas, l’islam ne donne à une femme la possibilité d’avorter… »

L’Association des femmes médecins du Sénégal (Afems) a formulé, le week-end dernier, une demande en faveur de la légalisation de l’avortement en cas de viol, d’inceste. Une doléance qui se heurte à l’opposition des religieux. Mouhamadou Bamba Sall, n’a pas mis de gant pour livrer, dans les colonnes du Populaire, la position de l’islam sur la question.

L’imam Sall estime que « ceux qui défendent ces causes sont manipulés par des lobbies étrangers qui veulent déstructurer notre modèle social et atteindre notre foi musulmane ». « Quand on parle d’avortement, mais il faut que les gens sachent ce qu’il y a derrière et quelle position prendre. Si ils parlent d’avortement, c’est parce que des lobbies étrangers sont derrière qui combattent l’islam et qui ont dans leurs rangs beaucoup de femmes et beaucoup de dirigeants. C’est des gens qui combattent l’islam et qui veulent passer par les jeunes filles pour nous atteindre, nous musulmans », affirme l’ancien président de la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal (Lips).

Pour lui, un médecin peut dire qu’un patient doit avorter, mais selon des conditions bien déterminées. « C’est seulement si la vie de la femme est en danger et qu’elle est mariée que l’islam encadre et autorise l’avortement. Mais le médecin doit prouver que sa vie est menacée. C’est le seul cas où l’islam permet l’avortement. Sinon, si c’est une femme qui n’est pas mariée, on ne peut pas la faire avorter. L’islam ne le permet pas. Elle doit aller jusqu’au terme de sa grossesse. Après la délivrance, on lui applique la loi islamique, mais on épargne son enfant », explique-t-il.

A l’en croire, en cas d’avortement, si le fœtus a pris forme, c’est un homicide. « Et au-delà de trois mois de grossesse, l’islam considère que c’est un assassinat que de faire avorter la femme. Donc, je le répète, en aucun cas, l’islam ne donne à une femme la possibilité d’avorter, si sa vie n’est pas en danger, et surtout pas si elle n’est pas mariée. Dans ce cas-là, cela lui est même formellement interdit », martèle-t-il.

Aussi, s’oppose-t-il ardemment à la légalisation de l’avortement. « Dans un pays musulman, il y a des choses qu’on ne peut pas permettre. On doit se mobiliser nous musulmans, et toutes les familles religieuses en tête, pour dire stop. On doit s’opposer à tout projet ou proposition de loi allant dans le sens de légaliser l’avortement, qu’il soit médicalisé ou pas. On doit aller vers les autorités, vers les députés, pour les sensibiliser pour que cela ne puisse pas se faire dans notre pays et pour barrer la route à ces gens qui veulent nous détruite », dit-il.