Mankeur Ndiaye et Souleymane Jules Diop doivent lire ça…Un reportage qui « gifle » leur ministère

Correspondance particulière de Sud Quotidien. En l’an 2000, à l’occasion de l’accession du Président Abdoulaye Wade à la magistrature suprême, l’une des premières revendications, sinon la première des Sénégalais de l’Extérieur, était de voir une solution rapide à la difficulté qu’ils avaient à faire renouveler leur passeport à l’étranger. Le Consulat général du Sénégal à New York faisait partie des premières représentations diplomatiques du pays à trouver une solution satisfaisante à cette revendication majeure.

Le trésor public avait fait un investissement massif en ressources financières pour équiper un certain nombre de consulats sénégalais et d’autres bureaux consulaires. Aussi les Sénégalais des Etats-Unis avaient-ils été très agréablement surpris de voir les autorités consulaires commencer à délivrer des passeports dès le premier jour du dépôt de la demande.

A juste raison ! Imaginez un immigré qui prend le seul jour de congés qu’il peut obtenir de son patron en semaine, embarquer dans un avion depuis Los Angeles ou Detroit et venir à New York juste pour faire renouveler ce document de voyage et rentrer le jour avec ce sésame si précieux. Quel soulagement!

Cet acquis important semble être remis en cause du fait d’une bureaucratie doublée du comportement inexplicable de la nouvelle équipe fraichement débarquée de Dakar envoyée par le ministère de l’Intérieur.

Aujourd’hui, à la place des 45 minutes d’attente pour se faire délivrer un passeport lorsqu’on possède tous les documents requis, il faut prendre son mal en patience des jours durant et sans explication. En plus, non seulement le passeport n’est plus réalisé le jour du dépôt de la demande mais il faut absolument revenir pour le récupérer soi même.

Conséquence : ce sont deux billets d’avion, deux jours d’absence de son lieu de travail, si on a la possibilité de se faire accorder cette faveur par son patron. Entre autres désagréments, il s’y ajoute des frais de voyage que personne ne vous remboursera.

Et retenez qu’un détail aussi simple que la perte du reçu de dépôt délivrée par l’équipe de la police est un prétexte pour qu’on ne vous remette pas votre document. Il a ainsi été donné de voir un Sénégalais se présenter au consulat muni d’un certificat de perte délivré par la police américaine se voir refuser le retrait de son passeport qui venait d’être renouvelé, sous prétexte de l’absence du reçu perdu.

Comble d’aberration, le compatriote en question a eu la désagréable surprise de retrouver un autre compatriote qui s’était retrouvé dans la même situation lui annoncer qu’il avait pu finalement « négocier » la récupération de son nouveau passeport. Etonné et furieux, il revient le lendemain pour s’enquérir des raisons d’une telle injustice. Pour toute réponse on lui dit qu’il avait tort de bouder contrairement à son compatriote qui a eu la patience d’attendre et de demander une « faveur ». Il aura fallu l’intervention du Consul général, lui-même dans tous ses états, pour faire retirer ce document.

Pour un Sénégalais ou tout autre étranger qui vit aux Etats-Unis, un passeport ne sert pas seulement à prendre l’avion et voyager d’un pays à l’autre, il est obligé de le présenter par exemple lorsqu’il effectue des démarches d’obtention de régularisation auprès des services de l’immigration fédéral. S’il est un « sans-papier », il lui est même impossible de prendre le bus ou le train interurbain sans une carte d’identité d’un Etat américain ou son passeport national. Ce dernier document est même accepté dans les vols intérieurs. Ces exemples ne représentent qu’une poignée parmi tant d’autres pour montrer les conséquences de la vie sans passeport aux Etats-Unis, si on n’est pas résident légal.

Les difficultés que pose l’équipe du bureau des passeports à New York ne se limitent à celles énormes signalées plus haut. Les agents de ce bureau (ou au moins un agent, un certain Diagne) ne semblent pas savoir ce que veut dire courtoisie ou comportement professionnel. On fait l’économie de toutes les anecdotes racontées à propos de Sénégalais qui sortent de ce bureau soit complétement furieux soit en larmes à cause du traitement qui leur est infligé.

Limitons-nous à un cas vécu par votre serviteur. Comme par hasard, le jour ou le personnel du consulat donnait le pot de départ à la retraite de Mamadou Camara, ancien patron du bureau des passeports, j’ai vécu cette expérience pour le moins inexplicable. Pendant que les discours qui étaient prononcés magnifiaient les bons et loyaux services rendus à la communauté par M. Camara, ce qui avait d’ailleurs fini par lui valoir le pseudonyme de «Camara passeports», je suis venu faire renouveler mon titre de voyage.

Après une attente un peu longue mon tour arrive. A l’appel de mon nom je me présente et dis bonjour. Mon interlocuteur, M. Diagne, n’a pas jugé utile de répondre à mes salutations. C’est peut-être son droit. Il m’interpelle : c’est vous Dame Babou ? Et me demande de m’asseoir. Durant l’opération de prise de photo nous avons eu cet échange quelque peu surréaliste à mes yeux.

Question : pourquoi les passeports ne sont-ils plus délivrés le même jour en 45 minutes comme c’était le cas auparavant ?

Réponse : Doivent-ils être faits en 45 minutes ?

Réponse à la réponse/question : Ce n’est pas à moi de dire si c’est 45 minutes ou pas. J’ai constaté un changement et je veux savoir ce qui s’est passé en tant qu’utilisateur du service public.

Réponse : Lui là ?

Réaction. Lui-là qui ?

Réponse : Macky Sall ?

Réaction : Macky Sall quoi ?

Réponse : Est-il obligé de faire comme l’autre ?

Réaction : Qui l’autre ? Réponse : Abdoulaye Wade : Réaction : Je ne pose pas le problème en termes de président Macky Sall ou Président Abdoulaye Wade. Je paye mes impôts qui payent votre salaire comme ils payent les salaires des deux présidents dont vous venez de parler. Je veux simplement savoir la raison du changement défavorable pour la fabrication des passeports. Et vous n’avez pas répondu à mes questions qui sont celles d’un usager du service public qui est en principe à mon service.

Réponse : Xam naa finga jëm! (Je sais là ou vous voulez aller)

Dernière réaction : Avez-vous une réponse à ma question?

Monsieur Diagne se lève, me dit revenez le vendredi et me montre la sortie.

PS : Une information non vérifiée, qu’on aurait aimer bien vérifier auprès de M Diagne s’il ne refusait pas de répondre à nos questions et qui voudrait qu’il se prévale de ses rapports d’amitié avec le commissaire Anna Sémou Faye.

Sud Quotidien