Macky Sall dans ses Habits de 2019…«Oui» au mandat de 5 ans mais «Non» à la rétroactivité

«Oui» au mandat de 5 ans mais «Non» à la rétroactivité devrait être la réponse des cinq Sages sur la modification constitutionnelle sollicité par le président de la République. De même, ils rejettent l’impossibilité voulue de ne plus modifier la Loi fondamentale. Le demandeur pourrait prendre prétexte de ce refus pour étrenner ses habits…9.

Ce n’est pas couper la poire en deux mais, au contraire, privilégier le futur sur le passé : le Conseil constitutionnel dira Oui à la modification de l’article 27 sur le mandat présidentiel, mais rejettera toute référence à un individu en refusant la rétroactivité. Elle estime que l’application immédiate de la Loi fondamentale suffit à lever toute équivoque sur la réalité de la durée du mandat présidentiel désormais de cinq ans ; ce serait en conséquence superfétatoire que de la repréciser, surtout en prévision de la rédaction de la disposition qui…indisposerait Macky Sall au second mandat quand l’article stipulera pour lui que «cette disposition s’applique au mandat en cours».
De même, les Sages refuseront de s’enfermer dans le néant absolu en rejetant toute possibilité de modification de la Constitution ; en cela, ils restent dans la logique de la première observation sur la rétroactivité : autant un passé est révolu sur le sort duquel il n’est plus nécessaire de pleurer, autant l’avenir appartient aux générations futures dont il faut maintenir l’espérance ; elles apprécieront en fonction de l’évolution sociale, de leurs normes et valeurs nouvelles diverses dans une société en perpétuelle évolution.
Certains prospectivistes pensent que la voie est ainsi tracée par une présidentielle en…2019 : privé de rétroactivité, Macky Sall pourrait en effet vouloir se conformer à une décision et endosserait conséquemment ses habits de 2012 pour attendre sagement la fin du « mandat en cours ». Mame Adama Guèye effleure rapidement cette perspective dans le compte-rendu fait par la presse de la rencontre de ce 26 janvier du mouvement «Avenir: Senegaal bi ñu bëgg». C’était la deuxiçme fois qu’un homme de l’art évoquait cette éventualité, eux qui sont souvent dans le secret des dieux.