Macky et Niasse empêtrés dans le jeu constitutionnel…

La désignation des 2 membres du Conseil constitutionnel par le président de l’Assemblée nationale, tel que stipulé dans le projet proposé au référendum de mars dernier, pose déjà problème.

En effet, lors du vote du projet de loi n°19/2016, relatif à la réforme du Conseil constitutionnel, le mardi 28 juin dernier, le mode de désignation des membres dudit conseil a soulevé une polémique au sein de l’hémicycle. Certains parlementaires se sont plaints des «modifications» apportées au texte initial qui faisait état de «la désignation par le Président de l’Assemblée nationale de 2 des 7 membres du Conseil constitutionnel».

Des députés tels que Seynabou Wade, de la Convergence démocratique Bokk Gis Gis, ou encore Aimé Assine de l’Alliance pour la République (Apr) ont rappelé que dans le projet proposé au référendum du 20 mars dernier, il avait été clairement dit que le numéro un de l’Assemblée nationale, nomme les 2 membres parmi les 7 que compte le Conseil. Ce qui est contraire à la loi votée au mois de juin, qui stipule en réalité que le chef de l’Etat fait un choix de 2 membres parmi les 4 proposés par le patron de l’hémicycle. Un changement de la dernière minute que le député de la région de Ziguinchor, département d’Oussouye a considéré comme un holdup perpétré contre les Sénégalais.

Par ailleurs, il convient de noter que d’autres points, votés lors de la consultation citoyenne, risquent aussi de mettre en ébullition la sphère politique, lorsqu’ils seront soumis aux parlementaires, avant promulgation par le président de la République. Il s’agit, entre autres, de la question de la modernisation du rôle des partis politiques, qui reste à être éclairée, tout comme le renforcement des droits de l’opposition et de son Chef, sans oublier la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens, source de polémique lors de la campagne référendaire. Des zones d’ombres persistent toujours par rapport à ces questions, qui n’ont pas été clairement exposées aux populations lors du référendum de mars dernier. Ce qui peut être la porte ouverte, selon certains observateurs, à toutes sortes d’interprétations, de manipulations, voire de perversion de la mouture initiale.