Macky est plus soucieux de remporter le scrutin de 2017 que d’exercer le mandat qui lui a été confié

Boubacar Boris Diop, écrivain et ancien Dirpub du quotidien le Matin, décortique le magistère de Macky dans un entretien accordé à nos confrère de Seneplus.com…Selon l’auteur de l’Ouvrage « Les Tambours de la mémoire » qui a reçu le Grand prix de la République du Sénégal pour les lettres, « Macky est plus soucieux de remporter le scrutin de 2017 que d’exercer le mandat qui lui a été confié »…Extrait de son interview
« Je partage cette opinion, elle ne me surprend pas du tout. Il y a toujours une période de grâce au début d’un mandat présidentiel mais après cette lune de miel, on revient au contact des dures réalités sociales et économiques. La déception est donc normale mais ce qui est bien plus préoccupant, c’est ce sentiment, de plus en plus souvent exprimé par nos compatriotes, que la charge présidentielle est trop lourde pour les épaules de Macky Sall. Il semble parfois plus soucieux de remporter le scrutin de 2017 que d’exercer le mandat qui lui a été confié et ça, c’est tout à fait consternant. On a envie de lui crier : M. le président, nous sommes un peuple et vous ne voyez en nous qu’un électorat. Se percevoir comme un peuple, c’est lier son destin aux siècles passés et à venir et pas à un dimanche tous les cinq ans. Là est peut-être la source de tous les malentendus. Je crois aussi que sous le feu roulant des critiques, Macky Sall en est venu à parier, comme presque tous nos hommes politiques en pareil cas, sur l’amnésie des populations. Or cela peut être une erreur fatale. Les Sénégalais donnent certes toujours l’impression de s’enflammer au moindre prétexte avant de passer très vite à autre chose mais il ne faut pas s’y tromper : ils n’oublient jamais entièrement ; les petits manquements et le mépris des règles républicaines s’empilent au fil des jours dans un coin de leur mémoire et modifient peu à peu leur rapport au pouvoir. Diouf et Wade, à la fin de leur règne, paraissaient choqués par l’exaspération et une sorte de rage un peu folle de leurs compatriotes prêts à toutes les extrémités pour les chasser du palais. »