M. le président (Macky Sall), tendez la main à Me Wade avant qu’il ne soit trop tard (Par Cheikh Sidou SYLLA)

Il n’y a pas eu surprise. La Cour suprême a confirmé jeudi 20 août, la condamnation en mars dernier de Karim Wade à six ans de prison pour enrichissement illicite.
Je n’aurais jamais écrit ce papier si le procès de l’ancien ministre d’Etat s’était déroulé dans les règles de l’art. Mais je suis persuadé, à l’instar de bon nombre d’observateurs, que la justice a été instrumentalisée par les tenants du pouvoir pour l’éliminer de la prochaine course présidentielle.
La condamnation de Karim Wade est aussi vue comme une suite logique de l’humiliation de l’ancien président de la République, Abdoulaye Wade, par son successeur. Souvenez-vous, au début de la seconde alternance, des proches de Macky Sall l’avaient honteusement accusé d’être un voleur de tapis et de voitures. Et visiblement, le président de la République n’avait rien fait pour arrêter le lynchage de Me Wade. Comme si cela ne suffisait pas, son fils est traîné dans la boue ; on lui colle un patrimoine qui frise l’indécence pour préparer l’opinion à son inévitable condamnation.
Comme tout père de famille, Abdoulaye Wade doit certainement souffrir de l’incarcération arbitraire de son fils par une justice aux ordres du pouvoir politique. C’est la raison pour laquelle je lui souhaite longue vie et une santé de fer. Macky Sall aussi formule sans doute ces mêmes vœux à l’endroit de son prédécesseur. Car si le vieil homme venait à disparaître à cause de la maltraitance psychologique que le pouvoir lui fait subir, il aurait un cas de conscience fort difficile à résoudre. Lui qui doit presque tout à Abdoulaye Wade. Pourra-t-il aller se prosterner devant la dépouille de celui qu’il aura tué à petit feu ? En tout cas, ce ne sera sûrement pas la convocation des principes qui guident l’Etat de droit qui lui permettra de se tirer d’affaire. Les Sénégalais ne comprendraient pas son ingratitude à l’endroit de celui qui lui a mis le pied à l’étrier.
A vrai dire, Macky Sall doit tendre la main à Abdoulaye Wade avant qu’il ne soit trop tard. Et si c’est la libération de Karim Wade qui doit être la condition sine qua non de la réconciliation, alors pourquoi pas. Dans une République, tous les citoyens sont égaux devant la loi. Mais ce principe doit être mis en œuvre avec tact.

cheikh sidou syllaCheikh Sidou Sylla (photo)

Journaliste

source Diaspora.fr

1 Comment

  1. Un rappel de la flopée de mensonges dont s’est servi Macky pour la diabolisation de Wade.

    Rappel:
    Où en est-on avec les mercenaires recrutés pour faire face aux manifestants ? Sont-ils rentrés ? Payés sans avoir rien fait ? Sont-ils encore là ? Logés où ? Tiens ! Une piste d’enquête ! On peut obtenir la liste des hôtels de Dakar de la fédération, ou de l’association, ou de l’ordre des hôteliers. Un journaliste peut se fixer comme tâche de les appeler tous pour voir s’ils n’ont pas vu débarquer un groupe de touristes ivoiriens, ou libériens, ou sierra-léonais (il faut voir que leur nationalité a beaucoup changé , et « touristes », juste pour leur tirer le vers du nez). Cette démarche permettrait de tirer les choses au clair. Mais est ce que le but a, jamais, été de tirer au clair ? Serais-je tenté de dire : encore une bulle médiatique, qui, on l’espère a réussi à créer l’effet de haine escompté ? Peut être que dans quelques jours un autre média nous sortira une commande de containers de pierres pour des jeunes. Ou des containers de bombes paralysantes. C’est le titre qui importe. Personne ne prêtera attention à la suite. Juste le titre pour alimenter des débats de grand’ places, pour cristalliser les positions. Il ne s’agit pas d’utiliser le journalisme et ses outils, aller au-delà de ce que dit la personne qui donne l’info, une personne toujours colorée. Il s’agit de faire croire. Une question de foi. Personne ne s’intéresse à la suite. Les titres resteront toujours des : X a dit … ; Y a nié …; X persiste et signe… ; Z avoue… ; Selon Y… ; Obama a dit… ; Sarkozy a dit… ; l’ambassadeur de Thioukourmouthie menace : « nous vous avons à l’œil » etc. … Et jamais le travail du journaliste qui permet de finir l’information. Elle n’est jamais épuisée. Le média a sa ligne (éditorial ?) et cherche juste dans la bouche du politique ce qui renforce cette ligne. La bulle médiatique n’éclatera jamais pour ceux qui ont la foi. Même face à une décision du juge contre la bulle, elle survivra par l’accusation ou la suggestion de corruption de ce juge.
    Où en est-on avec le pingpong R. Bourgi vs Karim ? N’est-il pas possible d’aller au-delà de Karim et de Bourgi. Une enquête aurait pu aller chercher la vérité au-delà de ces deux personnes. Car maintenir l’info entre ce qu’a dit l’un et ce qu’a répondu l’autre c’est tenir le lecteur dans l’obligation de croire à l’un ou à l’autre sur la base de leurs dires. Même si le journaliste peut pousser le lecteur (et il le fait toujours) vers la version à croire. Le journalisme serait-il une œuvre de foi ? N’est il pas possible d’utiliser les ressources que sont la Sonatel pour aller au-delà du dialogue de sourds ? Serais-je tenter de dire : encore une bulle médiatique, qui, on l’espère, a réussi à créer l’effet de haine escompté ?
    Où en est-on avec l’avion présidentiel qui s’apprêtait à extrader le président pour fuir le pays lors des événements du 23 Juin ? Même si l’info n’a pas précisé le sens où était dirigé le cockpit, histoire de savoir où le président voulait se cacher. Peut être au Mali, en Afrique du Sud, au Tchad chez Déby. Tiens ! Un lien facile à exploiter. Le président voulait fuir vers le Tchad, c’est ce qui l’avait poussé à promettre à Deby de lui livrer Habré. Très intéressant. Il aurait vendu Habré contre une planque au Tchad. Une bonne bulle. Mais un avion se trouve dans un aéroport, emploie des pilotes, des mécaniciens et pas mal de monde. Ces employés ont des voisins employés de d’autres avions qui peuvent savoir. Donc c’est à la portée d’un journaliste d’aller au-delà du titre pour tirer au clair si tel est le but. Il est possible de faire une information documentée loin des politiques. A condition que le but soit la recherche de la vérité.
    Où en est-on avec l’arrestation au Maroc de Karim pour trafic de drogue ? Les démentis même des services officiels marocains ont été travestis pour être présenter comme des tentatives de sauver un mauvais gosse dealer. Une bulle médiatique fabriquée et publiée pour attiser la haine contre quelqu’un et une famille. Une bulle médiatique qui, on l’espère a fait son effet de haine. Un cumule da haine par des successions de mensonges jamais confirmés. C’est d’ailleurs sans importance, le lecteur est déjà conditionné pour avaler même de la moisissure. Le petit intellectuel se croira très cultivé pour avoir fait une grosse découverte dans ce journal à 100 F. Par le cumule de haine, par le cumule de mensonges, on lessivera les cerveaux.
    Où en est-on avec les 2 000 000 000 et demi remis à Touba pour voter Wade ? Encore un mensonge de plus qui même démenti par le Khalife est de nouveau « confirmé » par les apprentis bulleurs. C’est qu’il ne faut pas que la bulle éclate facilement, il faut qu’elle serve de sujet de discussion le plus longtemps possible, pour l’effet de haine espéré. Quelle meilleure stratégie pour pousser le goorgoorlou à la haine que de lui parler de ses milliards jetés à la fenêtre ? Une bonne tactique qui fait des effets sur les cerveaux lessivés. Le prochain mensonge entrainera l’oubli du précédent. Seule la haine contre la cible restera.
    Où en est-on avec le milliard remis à Médina Baye pour son vote ? Encore un mensonge. Mais sûrement il créera une haine. Justement c’est ce qu’on cherche. On ne demande pas au votant d’être intelligent. On ne lui demande pas d’avoir de la mémoire. C’est même très dangereux qu’il en ait. On lui demande de croire et d’agir en conséquence.
    Où en est-on avec les milliers de bœufs sacrifiés ?
    Où en est-on avec les fraudes à grande échelle programmées et confirmées par le mage voyant… plutôt l’expert en biométrie ?
    Où en est-on avec les injonctions de l’Occident ? Obama a dit Wade dégage. Non. C’est Juppé qui l’a dit. Non. En fait quelqu’un d’important, quelqu’un qui compte doit l’avoir dit. C’est bon pour le rinçage des cerveaux.
    Où en est-on avec toutes les menaces de hués, de pierres, de voyage en zone dangereuse, annoncées et non effectives ?
    Où en est-on avec les sorciers maliens, les sorciers hindous, les 1 111 000 salats ala Nabi ?
    Où en est-on avec les camions de gourdins, les cartes électorales russes ?
    Où en est-on avec le fichier électoral non fiable, les bureaux fictifs, les programmes de fraude à grande échelle ?
    Où en est-on avec le bateau rempli d’argent sorti du palais, le cargo rempli de bagage du palais dont des moquettes ?
    Où en est-on avec les 600 véhicules disparus du Palais ?
    Où en est-on avec le jet privé de Karim et l’avion médicalisé su président, un hôpital high-tech mobile ?
    Où en est-on avec l’avion de l’armée retenu par Wade alors que des militaires blessés meurent faute de ne pouvoir être évacués ?
    Où en est-on avec les caisses vides ? Où en est –on avec les 600 voitures volées ?
    Où en est-on avec avec les 203 milliards de la 4e licence ? Où en est-on avec le trou en milliards de Sénégal Airline ? Où en est-on des milliards de du FESMAN ? Et le milliard que Sindiely « promettait » de payer ?
    Chaque mensonge amène sa nouvelle couche de haine sur le cœur du non averti.
    La vérité est que seul le titre compte. Demain, on l’oublie. Mais il a déjà laissé un dépôt de haine dans le cœur. C’est bien.
    Le Sénégal a baigné et continue de baigner dans un grand, très grand déluge de mensonges. Etre intelligent, c’est comprendre que c’est fait exprès, que cela a été voulu, planifié et exécuté.
    Et pourquoi un musulman choisirait-il de mentir exprès ? C’est qu’il a cessé de l’être. Il travaille pour le Diable.

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