L’opposition change tout…Surtout sa manière de s’opposer à Macky…Il n’y a pas que Karim

L’opposition sénégalaise, incarnée par le Front populaire pour la défense de la République (Fpdr) et le parti Rewmi, s’est lancée dans une nouvelle campagne de lutte contre le pouvoir. Ce changement de cap dans la lutte fait suite à l’opération de débauchage tous azimuts de certains de ses responsables par le parti au pouvoir. En lieu et place des habituels événements contestataires débouchant pour la plupart sur des affrontements avec les forces de l’ordre, le Rewmi et le Fpdr se sont inscrits dans une démarche de recherche de solutions aux problèmes qui plombent le vécu quotidien des Sénégalais, notamment dans le secteur de l’éducation et de la santé.
En cherchant par tous les moyens, notamment à travers des débauchages tous azimuts, à «réduire l’opposition à sa plus simple expression» comme il l’avait déclaré lors de sa tournée en avril dernier dans la région de Kaolack, Macky Sall s’est-il mis le doigt dans l’œil ? L’on est bien tenté de le croire, pour diverses raisons. En effet,depuis que le Président a mis en exécution ce projet qui a permis aujourd’hui l’enrôlement de plusieurs responsables de l’ancien régime dont le dernier fut le leader du l’Union du renouveau démocratique (Urd), Djibo Leiti Kâ, on a constaté tout simplement un changement de stratégie de la part de l’opposition, incarnée par le Front populaire pour la défense de la République (Fpdr) et le parti Rewmi d’Idrissa Seck.
En lieu et place des habituels événements contestataires aux allures parfois d’affrontements avec les forces de l’ordre, le Rewmi et le Fpdr semblent, dorénavant, s’inscrire dans une démarche de recherche de solutions aux problèmes qui plombent le vécu quotidien des Sénégalais en vue d’arriver à un apaisement du climat social. L’opposition, travers cette démarche, ne veut plus laisser le terrain libre au gouvernement Macky Sall. Accusé à tort ou à raison par ses détracteurs de ne mener qu’un seul combat, celui de la libération de Karim Wade et compagnie, le Fpdr a ainsi annoncé, la semaine dernière, l’exécution prochaine de la suite de son plan d’action, un plan plein d’innovations.
Comme pour montrer ainsi qu’ils ont changé de fusil d’épaule, Mamadou Diop Decroix et compagnie du Fpdr ont informé de la tenue, dans les jours à venir, de diverses actions dites phares. Il s’agit notamment d’un sit-in devant le ministère de l’Intérieur ou une marche «pour exiger la transparence et l’honnêteté du processus électoral» et d’un autre sit-in devant la Radio télévision sénégalaise (Rts) pour décrier l’accaparement de ce média du service public par le parti au pouvoir : l’Alliance pour la République (Apr). À cela s’ajoute aussi, l’organisation, au centre Daniel Brottier, d’«une conférence publique et contradictoire sur les questions liées au développement du pays, toutes les semaines». Selon Mamadou Diop Decroix et cie, ces diverses actions devraient démarrer après la Tabaski, dans le courant du mois d’octobre.
Tout comme le Fpdr, le Rewmi d’Idrissa Seck s’est aussi lancé dans cette campagne de relooking de son image aux yeux des Sénégalais. À la suite de sa tournée politique qui l’a conduit dans les coins les plus reculés du Sénégal pour s’enquérir des conditions de vie des populations de ces zones, le leader du Rewmi, Idrissa Seck, a choisi de consulter le Grand cadre des syndicats enseignants et le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) afin de recueillir les vrais problèmes des dits secteurs. Cela, en dépit de multiples efforts déployés en vain par les ministres en charge des secteurs de l’Éducation nationale et de la Santé. À travers cette série de consultations engagées auprès des responsables des dits syndicats, Idy a voulu donné un signal fort au régime en place. En effet, en invitant les deux syndicats, le chef de file de Rewmi, bien que sachant qu’il ne peut rien apporter en termes de solutions concrètes à la crise actuelle du secteur de l’éducation pour la simple raison que ce n’est pas lui qui détient le pouvoir, veut tout simplement montrer à ses adversaires au pouvoirque l’heure est à la consultation. Et de là à reconnaitre que Macky Sall a vraisemblablement donné un nouveau souffle à son opposition, il n’y a qu’un pas que beaucoup franchissent aisément.

SUD QUOTIDIEN