Libération de karim Wade…Des partis politiques crient au scandale et ne compte pas laisser macky faire

L’Union nationale des indépendants (Unis) a exprimé, hier, toute son indignation, à l’annonce de la libération de Karim Wade d’ici la fin de l’année 2016. Et elle ne compte pas laisser Macky faire

Face à la presse, hier, Amadou Guèye, président de l’Union nationale des indépendants du Sénégal (Unis), a dénoncé la politisation d’un dossier judiciaire par l’exécutif, faisant allusion à l’affaire Karim Wade. «C’est scandaleux, lorsque nous nous rendons subitement compte qu’on veut nous faire croire qu’il s’agit maintenant de trouver un compromis à des questions judiciaires. Donc, naturellement, c’est scandaleux, et il faut le dénoncer, parce que la traque des biens mal acquis, c’est une affaire qui nous concerne tous. On ne peut pas dire que c’est une affaire du président de la République. Donc, il ne peut pas juste, lui ou ses alliés, décider d’en faire une affaire politique», a-t-il déclaré.

Soulignant que «Karim Wade n’est pas un prisonnier politique», le président de l’Unis avertit que la libération de Karim Wade serait un précédent dangereux. «En libérant Karim Wade pour de simples calculs politiques, il (ndlr : Macky) crée un précédent grave qui installera une brèche entre deux catégories de citoyens. Ceux qui, pour moins que rien, passent leur vie en prison, parce que fils de citoyens ordinaires, et d’autres, intouchables, parce que leurs cas sont appréciés selon les lentilles politiques du Président. Cette brèche est un acte de destruction de la République. La République, c’est des principes et des symboles. Si vous les détruisez, vous n’avez plus de socle moral et légitime pour ordonner comme chef», a fulminé Amadou Guèye.

Selon le leader de l’Unis, il ne faut laisser le Président Macky Sall, organiser sous les yeux des Sénégalais, «la destruction des principes fondamentaux de respect de la justice et d’égalité entre les citoyens». Il appelle les Sénégalais à exprimer leur indignation pour empêcher la validation d’«un acte de brouillage des repères fondamentaux de la société qui contribuera à la dégradation de la perception de la République, du système de la justice et de la politique par des citoyens».

«Ce serait un acte de lâcheté que de le laisser faire. Tous, nous devons prendre position et refuser le fait accompli qui se prépare. Maintenant, et non après la commission du fait. Si le Président Macky Sall persiste dans la libération de Karim Wade, cette ligne de démarcation morale deviendra une ligne de mobilisation politique», martèle Amadou Guèye.