Les maires des communes du Sénégal courent toujours derrière leurs voitures…Où sont les 615 véhicules ?

Deux ans après l’octroi du marché d’acquisition de 615 véhicules pour le compte des collectivités locales, suite à un appel d’offre qui s’est déroulé en toute transparence, nous sommes au regret de constater, pour le déplorer, que la majeure partie des maires du Sénégal et des présidents de communautés rurales pressentis pour en être les récipiendaires n’ont toujours pas reçu cet outil qui devrait leur permettre de mieux dérouler leur mission au service de leurs administrés. Ces élus locaux courent jusqu’à présent courent derrière leur véhicule de fonction, ce qui pose un problème d’une extrême gravité étant donné que ce retard plombe le fonctionnement de nombreuses collectivités locales. L’Etat du Sénégal a fait ce qu’il devait faire en lançant un appel d’offre en bonne et due forme, et en octroyant les marchés aux meilleurs soumissionnaires, mais jusqu’à ce jour de nombreux maires et présidents de communauté rurale sont obligés de recourir à des alternatives qui n’honorent pas notre administration. A tel point que nombre d’entre eux sont obligés de se déplacer en taxi voire de recourir à des véhicules de transport en commun pour mener à bien la mission qui leur a été confiée par les populations qui les ont élus. Et cette situation on ne peut plus ubuesque se pose avec beaucoup plus d’acuité au niveau des localités les plus enclavées où les moyens de locomotion sont dérisoires voire quasi inexistants. Il est inadmissible que le statu quo persiste et que les engagements pris au moment de la passation du marché d’acquisition des véhicules en question ne soient pas respectés en toute impunité. C’est la raison pour laquelle nous appelons les soumissionnaires qui ont pris l’engagement de livrer ces véhicules respectent le contrat qu’ils ont signé avec l’Etat du Sénégal. A défaut de quoi nous invitons les autorités à résilier ce contrat et à s’orienter vers d’autres fournisseurs si le problème ne se décante pas dans un délai de deux mois tout au plus. D’autant plus que le Plan Sénégal Emergent, qui est la feuille de route sur lequel repose l’action du président de la République Macky Sall, ne saurait être mené à bien dans un contexte où les des élus locaux sont privés d’un outil de travail de premier ordre pour prendre en charge les besoins de les administrés et s’enquérir de l’état dans lequel se trouve leurs localités respectives. Il y a certes des maires et présidents de communautés rurales qui ont reçu leur véhicule mais la problématique persiste dans la majeure partie des collectivités locales qui sont malheureusement laissées en rade depuis 2014. Nous lançon un appel aux autorités afin qu’elles prennent leurs responsabilités pour y remédier en mettant fin dans les plus brefs délais à cette situation de déséquilibre. Car il est inconcevable que ces élus locaux soient contraints de subir une situation qui les place dans un déficit de mobilité qui entrave de manière indéniable leur travail et, par ricochet, la prise en charge de la demande sociale.

 

Abdoulaye Khouma, Responsable de l’Alliance pour la République

Membre de la convergence des jeunesses républicaines nationale