Les magistrats fâchés contre Bassirou Guèye…Il n’a pas le droit de commenter une décision de justice par voie de presse

L’Union des magistrats sénégalais (Ums) n’est pas du tout content du Procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye qui a qualifié « d’illégale » et de « troublante » la relaxe d’Aïda Ndiongue et cie.
Dans notre édition du weekend, nous évoquions la réaction « officieuse » de certains magistrats mais aussi de greffiers et avocats à propos du commentaire du Procureur de la République (Pr) Serigne Bassirou Guèye sur la relaxe d’Aïda Ndiongue et ses coïnculpés. L’Union des magistrats sénégalais (Ums) a réagi officiellement à travers un communiqué.
Dans la note transmise tardivement vendredi dernier à « EnQuête », le bureau exécutif de l’Ums conforte la position de nos interlocuteurs. Le président de l’Ums, El Hadj Abdoul Aziz Seck et ses collègues magistrats condamnent le commentaire du Pr qualifiant « d’illégale » et « de troublante » la décision de relaxe rendue jeudi dernier, par la 3ème Chambre correctionnelle du tribunal régional hors classe de Dakar, en faveur de l’ex-sénatrice libérale et de ses co-prévenus.
D’après l’Ums, « la loi reconnaît au Procureur de la République la faculté de faire appel contre les jugements rendus en matière correctionnelle ». Toutefois, s’offusquent les magistrats, « la loi ne lui (Pr) reconnaît nullement le droit de commenter par voie de presse une décision de justice, en employant notamment des termes de nature à porter atteinte à l’honorabilité des magistrats ayant rendu la décision et à jeter le discrédit sur l’institution judiciaire ».
C’est pourquoi, l’Ums condamne « fermement » la déclaration du Chef du Parquet. Sur sa lancée, elle exprime « toute sa solidarité » à l’endroit de leurs collègues qui ont rendu la décision, « conformément à la loi et en leur âme et conscience ».
Par ailleurs, l’Union des magistrats sénégalais a aussi condamné les propos de Me Mbaye Jacques Ndiaye (un des avocats d’Aïda Ndiongue) invitant à l’ouverture d’une enquête parlementaire aux fins d’audition du Procureur de la République, du Juge d’instruction du 2ème cabinet et de l’ancienne Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Aminata Touré.
A ce propos, les magistrats rappellent que « la Justice est un pouvoir consacré par la Constitution et qu’une telle déclaration viole le principe de la séparation des pouvoirs consacré par notre loi fondamentale ». Et l’Ums de conclure : « Le Bureau exécutif, comme il l’a toujours fait, défendra, chaque fois que de besoin, tout magistrat qui remplira les devoirs de sa charge dans l’honneur et la dignité mais se désolidarisera de tout magistrat qui aura, délibérément et de mauvaise foi, violé son serment ».

1 Comment

  1. Quand M. Bassirou dit que c’est surprenant que Aida Diongue et ses coaccusés soient libérés, cela me rappelle la même phrase que l’ambassadeur de France avait prononcé à propos d’un éventuel relaxe de Karime. Lui aussi disait que ce serait surprenant. Les membres de l’ARP aussi utilisent cette même expression de M. l’ambassadeur. Sinon j’aimerai bien savoir où est ce que ces procureurs ont fait leurs études universitaires. M. Dao, Henry Grégoire tout comme M. Bassirou réagissent comme s’ils n’ont jamais fait d’études de droit. Ils accusent comme ça leur plait. Ils emprisonnent comme ça leur plait. Puis ils vont chercher des accusateurs auxquels on est tenu de croire sur parole. Et quand les vrais juges d’instruction décident autrement, alors ils se mettent en colère, refusent de reconnaitre l’autorité de la chose jugée et font appel. Depuis le début de cette chasse aux sorcières c’est le même processus. Est ce qu’on peut dormir en paix lorsqu’on sait qu’on a choisi de détruire un innocent pour préserver et faire avancer sa carrière personnelle. Lorsque leurs enfants seront grands oseraient-ils leur dire qu’ils ont accepté de détruire la vie de quelques compatriotes pour réussir leur carrière professionnelles? S’il y a des magistrats qui peuvent se lever le matin et se regarder devant la glace ce sont bien ceux là qui n’ont pas eu peur de relaxer Aida Diongue sans se soucier de leur propre carrière, mais en jugeant dans la dignité et pour la postérité. Et que dans 10 ans on ne pourra pas leur reprocher de s’être courbés par manque de courage. C’est rassurant de voir que dès que les dossiers sont confiés à de vrais juges indépendant et non à des procureurs c’est la vraie justice qui est prononcée. Donc la justice sénégalaise n’est pas encore totalement morte. Il reste encore quelques juges pour la faire renaitre de ses cendres même si ce sera difficile. Mais c’est devant l’adversité que l’on reconnait les grands hommes.

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