Les magistrats du Sénégal veulent leur indépendance…Ils demandent à Macky et Sidiki de…

Dans un communiqué publié hier, l’Union des magistrats du Sénégal (Ums) invite le pouvoir exécutif à quitter le Conseil supérieur de la magistrature (Csm). Autrement dit, Maguette Diop, le président de l’UMS et ses camarades ne souhaitent plus que le Csm soit présidé par le chef de l’Etat qui a pour adjoint le ministre de la Justice.
Réaffirmant son vœu d’aller vers le renforcement de l’indépendance de la justice et la lutte contre la corruption dans toutes ses formes, le bureau exécutif de l’Ums «dénonce l’inexécution délibérée des engagements pris par le ministre de l’Economie et des Finances dans la mise en place des fonds prévus pour l’achèvement du bâtiment devant abriter le Centre de formation judiciaire». Pour atteindre ses objectifs, l’Ums invite tous les magistrats à faire bloc.
Evoquant les manquements des pouvoirs publics, les magistrats citent l’absence de réformes en profondeur du Conseil supérieur de la magistrature qui devraient aboutir au renforcement de l’indépendance de la justice. A cela, s’ajoute «l’indifférence de l’exécutif à l’égard de la magistrature, de l’ordre judiciaire dont les projets de textes visant à moderniser la Justice remontent à  plus de 10 ans et tardent à être adoptés, en dépit des multiples promesses», dénoncent le président Maguette Diop et Cie. Pour eux, «la faiblesse du budget alloué au ministère de la Justice a fini de confiner le service public de la justice dans un état de dénuement total, créant un malaise profond au sein de l’ensemble des acteurs de la justice».
Ils s’émeuvent également du «peu d’intérêt manifesté par les pouvoirs publics à l’endroit du Centre de formation judiciaire, par des blocages savamment entretenus par le ministre de l’Economie et des Finances dans la mise en place des fonds alloués pour l’érection d’un Centre de formation judiciaire digne de ce nom».
Maguette Diop et ses camarades n’ont pas manqué de déplorer l’insalubrité et l’insécurité notées dans l’ensemble des juridictions du pays et les conditions difficiles de travail ainsi que le manque d’effectifs dans la quasi-totalité des juridictions. Autant de maux qui ont courroucé les magistrats.