Les Karimistes recadrent Macky sur les soldats au Yémen: « Cette guerre entre Chiites et Sunnites ne nous concerne pas »

Macky SALL pris dans le cocon (bulle de celui qui vit à l’abri des difficultés de l’existence) des 65% d’électeurs ayant voté pour lui à la présidentielle de mars 2012 ou la courte vue de conseillers-amateurs qui n’ont aucune formation sur la géopolitique ou professent la flatterie pour se maintenir dans « l’estime » du chef (Président Macky SALL).
Le 06 avril 2015 déjà, je mettais en garde les hommes politiques Sénégalais contre l’aventure belliqueuse qui se préparait par la prévision d’envoi de nos militaires au YEMEN. Evidemment, nous, oppositions, pouvions laisser le gouvernement franchir le pas pour ensuite profiter de sa bévue. Quant aux conseillers politiques de Macky SALL et ses partisans, leur mutisme, approbation ou complicité flatteuse sont un crime de lèse-majesté ou une inconscience du danger par l’ignorance.
Un petit rappel historique pour balayer les propos tenus par Mankeur N’diaye, le ministre des Affaires Etrangères du Sénégal qui intervenait sur la Tfm (débat du 05/05/15 à 22h) en traitant les invités du plateau d’ignorants et que nos « Diambars « s’en allaient défendre les lieux saints de l’Islam en Arabie Saoudite ». En plus, dit-il, Macky n’est pas un homme à faire n’importe quoi pour un quelqu’un de réfléchi ». Encore des balivernes de magnificence flatteuse à l’égard d’un tenant du pouvoir comme nous savons le faire, par l’inflation verbale que nous prenons pour de l’argumentaire. De la dislocation de l’Empire Ottoman (Turc) à 1962, le Nord est dominé par une dynastie Zaïdiste (40% de la population), de confession des Houthistes, une branche minoritaire du chiisme. En 1962, une guerre civile éclate opposant les monarchistes défendus par l’Arabie Saoudite et républicains aidés par l’Egypte de Nasser. Les républicains gagnent la guerre civile, mais on vit naître dans les montagnes du Nord le mouvement Ansar Allah, nommé « houthistes » autour d’Hussein Badr Eddine Al-Houthi, un ancien parlementaire en dissidence et assassiné en 2004. Après 1967 le Sud devient communiste et le Nord dans le bloc de l’Ouest. Enfin après l’unification, Salah devient le président jusqu’à son éviction en 2011 (printemps Arabe) où Mansour Hadi le remplaça. Toutefois, les USA ont soutenu le gouvernement de Salah et puis celui de Mansour Hadi pour justifier le combat contre Al-Qaïda qui a attaqué leur destroyer USS Cole en 2000.
Alors, nous concluons :
– Monarchistes contre Républicains, cette guerre civile ne nous concerne pas
– Anciens blocs de l’Est et de l’Ouest, cette guerre civile ne nous concerne pas
– Chiites contre Sunnites, cette guerre civile ne nous concerne pas
– Iran contre Arabie Saoudite par clans interposés, cette guerre civile ne nous concerne pas
– Une guerre sans l’aval de l’ONU, cette guerre civile ne nous concerne pas
– Nous ne nous reconnaissons pas dans les rivalités du Proche et Moyen Orient, cette guerre civile ne nous concerne pas.
– Comme disait Houphouët Boigny, certains peuples ne sont d’accord que sur leur désaccord, donc, cette guerre civile ne nous concerne
– Défendre les lieux saints de l’Islam n’incombe pas aux seuls Sénégalais, cette guerre ne nous concerne pas
– L’armée Sénégalaise n’est pas une horde de gladiateurs, cette guerre civile ne nous concerne pas.
– Les conséquences de notre participation à cette aventure sont prévisibles, cette guerre civile ne nous concerne pas
– Ce conflit ne se situe pas en Afrique, cette guerre civile ne nous concerne pas
– Les grandes puissances, USA, France, Angleterre, Russie, Allemagne et autres ne s’y mêlent pas, cette guerre civile ne nous concerne pas
En résumé, un proverbe Béninois dit que l’on ne peut pas réveiller un homme qui ne dort pas, c’est le cas de nos gouvernants actuels qui savent que les USA luttent contre Al-Qaïda et que les Occidentaux eux-mêmes ne parviennent pas à maîtriser tous ces tumultes, surtout pas un petit pays pauvre comme le nôtre et qui veut « défendre et protéger les lieux saints de l’Islam », dixit, Mankeur N’diaye
Le Yémen est miné par le sous-développement, les djihadistes, sur qui tirent les USA avec des renforts de drones Prédator qui font des ravages et radicalisent les populations par un ancrage vers l’ultra islamisme. Malgré les attaques, Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), sises au Yémen, s’est imposée comme la principale branche du groupe djihadiste. La croissance démographique est très forte pour de faibles ressources naturelles. Le Yémen est pauvre en pétrole et en gaz, et l’eau devrait manquer à Sanaa dans dix ans d’après les experts. Et les populations du Yémen, grands consommateurs du khat, une substance euphorisante, enivrante, stimulante; une drogue en quelque sorte et qui a les mêmes vertus que le chanvre ou l’alcool.
Et dire que le gouvernement du Sénégal ne sait pas « communiquer » pour convaincre, me semble être une injure, une mauvaise foi et même une bêtise de la ruse. En effet, comment vouloir habiller un mensonge, une tromperie de mots, expressément choisis pour soumettre son propre peuple à une horreur ? Non, nous devrions ôter de notre raisonnement de personnes cultivées ce langage méchant et indigne qui veut tout simplement dire qu’un gouvernement, un Etat ne sait pas tromper le peuple qui l’a élu. Alors, on voit bien que les « représentants » des peuples s’engouffrent aisément dans la brèche par des affirmations dans les médias, même pour des choses qui n’existent pas ; l’essentiel étant de faire passer au plus grand nombre un mensonge, une calomnie invérifiable.
Non, la communication ne se limite pas au maquillage d’un mensonge, d’une contre-vérité ; mais elle est la transcription orale d’un fait, d’une vérité, de quelque chose de concret, de réel et de vérifiable par des moyens ou outils de transmission d’un message par des supports de grande diffusion (radios, journaux, télévisions, expression orale…). Il est dommage que les hommes politiques du BENNO s’adonnent aux affirmations de « matèye », des balivernes sans se soucier de la véracité des faits, mais seulement de l’impact de résonance sur les cibles visés (populations) qui succombent aux mensonges par manque de moyens à vérifier une information. Effectivement, les bonis menteurs savent que le démenti n’est pas facile aux populations car les médias ne leur sont pas accessibles ou que mentir sur les villageois de Simbandi- Brassou (mon village) ne saurait être vérifié.
Lorsqu’on exerce un pouvoir, et que l’on doit prendre une décision, quelle qu’elle soit, le bon sens, la raison, la suffisance, l’esprit critique et l’intelligence exigent que l’on consulte son peuple, les experts, les gens qualifiés, les notables et tous ceux qui peuvent apporter leur contribution à l’édification d’une décision et d’une action d’apparence juste.
Vive le Sénégal, vive la démocratie et vive l’Etat de droit et sa compréhension par les élus.
Mané Moussa, Responsable de la Cellule de Communication ASS-KAW (Action de Solidarité et de soutien à M. Karim WADE et de ses codétenus. WWW.ASS-KAW.COM