Les 15 réformes proposées par Macky ne correspondent pas aux propositions des Assises Nationales

Ce constat est celui d’un ancien acteur des Assises nationales et ancien secrétaire permanent du Mouvement du 23 juin. Cheikh Tidiane Dièye animateur de la Plateforme Senegaal bi ñu bëgg, se dit déçu des propositions de réforme proposées par le Président Macky Sall qui, selon lui, reflètent un «manque d’ambition» pour le pays.

« Les quinze mesures ne correspondent pas à l’aspiration de la plupart des acteurs qui étaient dans les Assises nationales. J’ai dit la plupart parce qu’il y a beaucoup d’acteurs des Assises nationales qui ne réagissent plus par rapport au dysfonctionnement du mode de gouvernance, parce que leur seule ambition était de profiter des Assises nationales pour accéder au pouvoir. Aujour¬d’hui, ils se rangent derrière le Président dans le cadre d’une coalition qui ne défend pas une gouvernance partagée, mais qui promeut une gouvernance de partage de postes et de privilèges.
Ceux qui devaient attirer l’attention du président de la République sur sa responsabilité éthique et morale pour avoir été signataire de la Charte de gouvernance des Assises nationales, une signature sans réserve, se sont tus ou sont en train de privilégier des rentes et des positions. Le fait que le président de la République ait proposé quinze mesures dont seulement deux ont un intérêt, je ne vais pas dire de refondation, mais qui peut alimenter le débat, ne sert quasiment à rien dans l’effort de consolidation de la démocratie. On attendait de ces acteurs qu’ils soient les premiers à dire quel¬que chose. Ce n’est pas le cas.

Les quinze points proposés par le président de la République n’ont pas une capacité profonde de transformation. Je prends par exemple la question du mandat. Elle n’aurait pas dû faire débat dans un pays normal où l’éthique et les valeurs insuffleraient l’action des dirigeants. Le Président a pris un engagement de façon souveraine et solennelle de réduire son mandat en cours. Il lui appartient de tenir parole parce qu’on n’est pas plus dans l’espace du juridisme.«