Le PDS a abdiqué…Il a oublié ses détenues et défend moins la démocratie et les libertés

Face à l’abdication du PDS, une autre tête de ses leaders décapitée….(Par Dr Serigne Ndame Dieng)
Il n’est point besoin de rappeler l’obsession qu’inspire le PDS au Président de la République Macky Sall. Il ne cache pas son souhait de détruire ce parti. Les agressions répétitives contre ses responsables, les arrestations illégales de ses militants et les interdictions de ses manifestations politiques sont symptomatiques de la haine qu’éprouve Macky Sall à l’encontre du PDS.
Malgré tout, ce parti attaqué de partout après avoir été défait du pouvoir, a fait montre d’une dignité et d’une capacité d’adaptation au nouveau contexte politique pour faire face. Grace à l’unité des responsables qui sont restés fidèles, l’animation et la remobilisation des militants ont été impressionnantes. Le parti se déployait sur les sujets aussi cruciaux que les difficultés sociales du peuple, la préservation des acquis démocratiques et la fermeté contre l’arbitraire et l’autoritarisme du nouveau régime. Le parti laissait apparaitre une vitalité inespérée peu de temps après sa défaite.
Cependant cette dynamique n’était pas viable car ne reposant que sur un enthousiasme lié à une certaine fierté mais pas sur des supports organisationnels et des convictions solides.
C’est pourquoi, Il est aisé de constater qu’actuellement, la flamme des luttes contre la confiscation des libertés et la détention arbitraire des militants du PDS est éteinte, du moins elle n’est plus vive. La période d’après condamnation de Karim Wade est marquée par une attitude inattendue et surprenante du parti. La réaction a été molle ou inexistante alors logiquement la posture devrait être l’intensification de la lutte, la multiplication des manifestations politiques pour la liberté et la mise en œuvre de toutes autres formes de combats visant à endiguer les velléités dictatoriales et liberticides du Président de la République Macky Sall. En se comportant ainsi, le PDS à céder à la dictature.
Pourtant, il n’est pas méconnu du parti que les emprisonnements étaient ciblés. Karim Wade, fils de l’ancien Président de la République et Secrétaire général national du PDS, qui avait cristallisé toute la colère du peuple en 2012 est mis sous les verrous le premier, validant ainsi le cynique projet de destruction du PDS auprès de la population. Il s’en est suivi la décapitation des têtes des structures dynamiques du parti.
Abdou Aziz Diop, Coordonnateur de la fédération nationale des cadres libéraux du PDS (FNCL) est arrêté dans une affaire à rêver debout. Il fallait freiner l’élan de la fédération des cadres dans la restauration de la vérité sur le bilan de Wade que le régime s’acharnait à salir par des mensonges grotesques. La tête étant décapitée, ce mouvement est devenu l’ombre de lui-même.
Le 21 mars 2015, après avoir été investi comme candidat du PDS pour l’élection présidentielle de 2017, Karim Wade est condamné à 6 ans de prison ferme et à payer des centaines de milliards d’amende. Malgré les vociférations et agitations des mouvements de soutien et les menaces brandies par Me Abdoulaye Wade avant la condamnation, rien et rien après.
Dans la même nuit de condamnation, Toussaint Manga, Secrétaire général national de l’Union des Jeunesses Travaillistes et Libérales (UJTL) est kidnappé par la police d’Etat à la solde du bon vouloir du Président Macky Sall. La tête de l’UJTL étant obtenue, aucune résistance sur le terrain n’a été organisée par les jeunes.
Le Secrétaire général du Mouvement des Elèves et Etudiants Libéraux (MEEL), Victor Diouf avait déjà été arrêté quelques jours avant Toussaint Manga.
La méthode est claire et précise : décapiter les têtes pour rendre les structures inopérantes. Cette méthode de Macky sall semble payante. Depuis mars, le PDS est resté démobilisé et absent sur le terrain des contestations. Le « fipou » ou le cri de combat lancé par Me Abdoulaye Wade est rangé aux oubliettes. Le parti reste cantonné à la permanence. Les jeunes (UJTL et MEEL) et les mouvements karimistes ont oublié leurs leaders au profit de la politique folklore ornée de « ndogou » politiques qui ne participent ni à la massification du parti encore moins à la libération des prisoniers politiques. La finalité n’est rien d’autre que d’animer, avec les photos prises, facebook et autres réseaux sociaux pour le « m’as-tu vu » et la politique spectacle.
Le PDS a abdiqué, il a oublié ses détenues et défend moins la démocratie et les libertés. Ces nobles combats doivent être menés à la place de l’Obelisque et autres endroits de ce genre et les jeunes doivent être aux avants postes. Mais le constat est que L’UJTL et le MEEL ont fait montre d’une frilosité jusque là inconnue pour un bon militant du PDS. Aucun jeune leader ni aucune structure n’a réussi à reprendre le combat pour pallier aux absences de Toussaint Manga et Victor Diouf, oubliés, abandonnés qu’ils sont dans les cachots de Macky Sall.
Une telle attitude du parti trahit la peur qui l’habite et expose ses militants les plus téméraires. C’est pourquoi l’arrestation du numéro 2 du MEEL, El Hadj Diaw n’est pas une surprise car elle entre dans la continuité de l’élimination des leaders des structures. Si ce projet n’est pas arrêté, Modou Diagne Fada (Président du groupe parlementaire du PDS, Omar Sarr (SGA du PDS) et Abdoulaye Wade (SG du PDS) seront les prochaines victimes. Aïda Mbodj considérée comme l’un des argentiers du PDS est déjà passée à la trappe avant d’être innocentée par un juge libre mais Macky Sall cherche par tous les moyens à la faire condamner par sa Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI). Quand un parti politique se soucie moins de ses militants, un régime dictatorial du genre de celui de Macky Sall ne se gênera point à prendre ses militants en otage.
Le PDS, doit se ressaisir et défendre la démocratie et des libertés qu’il a participé activement à construire au Sénégal et par ricochet exiger la libération de ses prisonniers politiques. Cela demande l’engagement de tous et un appareil organisé.

Dr Serigne Ndame Dieng
Chirurgien dentiste
Secrétaire administratif de la Fédération PDS/Paris.

1 Comment

  1. Serigne dame es ce que tu peux nous foutre la paix. De ton exil doré tu te permet de critiquer le parti. Ça ce voit que tu radone depuis quand aida mbodji finance ? C’est clair que si tu étais reelment du Pds tu saurais que cette femme ne participe jamais financière aux activités du Pds de surcroît revisite les éléments vidéos des grandes manifestations de rue tu ne l’as verra jamais la dessus.
    Il faut être honnête waye

Les commentaires sont fermés.