Le Grand Théâtre souillé par les « battreurs » et épicuriens…Ils ont tué la merveille de Wade

L’ancien chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, initiateur du Grand Théâtre, et nos partenaires de la République populaire de Chine doivent s’arracher les cheveux en constatant la dégradation « culturelle » de ce prestigieux lieu, dévoyé de sa mission. Laquelle consistait à montrer la meilleure de ce que l’Afrique pouvait offrir au monde. Toute sa beauté culturelle ! Hélas, depuis son ouverture, on peut compter sur les doigts d’une seule main les spectacles de prestige que ce temple de la culture y a reçus.
C’est plutôt tout ce que nous avons de plus hideux qui est transposé au Grand Théâtre devenu la scène de la honte dans un pays si pauvre et qui vit de l’aide extérieure. Et c’est comme si l’on ne pouvait se débarrasser de nos mauvaises habitudes. En effet, c’est à croire que dans ce pays, l’on n’existe que par le regard envieux que procure l’autre. Une sorte de jouissance. La dernière soirée en date au Grand Théâtre avec l’anniversaire de celui que l’on appelle le griot des vips est un véritable scandale surtout après ce que l’on pourrait appeler l’affaire Thione Seck. L’un des meilleurs chanteurs du pays séjournant depuis une semaine en prison pour une affaire de faux billets de banque. Et il est certain que parmi les invités d’Alassane Mbaye, des faussaires étaient aux premières loges. Et c’est devenu une tradition depuis l’ouverture de ce temple qui aurait dû être celui de l’excellence de le souiller par de telles pratiques par des individus qui n’ont apparemment pas sué pour se permettre de telles libéralités devant les caméras de nos télévisions qui manquent de vision.
Parmi ces personnes qui hantent les travées du Grand Théâtre, des voleurs, détourneurs de deniers publics, nouveaux riches, vendeurs de drogue, prostitués de luxe, épicuriens à la fortune douteuse escrocs à la semaine etc., et que nos télévision montrent comme s’ils constituaient des exemples de réussite. En tout cas, des personnes à qui, pour la plupart, on ne connait aucune activité professionnelle et qui sont tout le temps dans des deals. Tout dernièrement, une dame qui compte solliciter notre suffrage s’y était présentée avec son chéquier devant un public admiratif. Une photo qui a fait le tour de la toile sans que cela ne dérange nullement. Son acte était plutôt commenté dans les foyers comme s’il s’agissait d’un geste héroïque. Et pendant que ces personnes gaspillent de faramineuses sommes d’argent à l’origine douteuse, nos périodiques sont peuplées d’annonces de personnes sollicitant de l’aide pour se faire soigner.
Le moins que l’on puisse dire est que ce temple de la culture, construit pour montrer les beautés d’une Afrique culturellement forte et fière, est présentement souillé par ce que nous avons de plus exécrable. Des vilénies que l’on ferait mieux de cacher au monde et que l’on expose comme s’il s’agissait d’un acte glorieux ou d’un trophée de guerre. Il est temps d’arrêter cette souillure qui n’honore guère les artistes de ce pays.
Joe SAURA (Gawlo)