Le drame du PDS : Wade en retrait…Karim en exil…Oumar Sarr n’assure pas

Le PDS vit un drame. Il ne dispose plus de leader charismatique et magnétique capable de lui tracer un destin en apothéose. Omar Sarr en assure l’intendance. Mais, il n’a ni élan combatif, ni charisme, ni popularité. Taciturne avec un débit vocal loin de celui des grands leaders, son action s’articule autour d’un calcul qui l’éloigne des assauts du pouvoir. Il veut vaincre sans péril contre le pouvoir avec lequel il semble entretenir des relations sombres. Les jeunes et les autres leaders libéraux issus du PDS se montrent plus déterminés à affronter Macky Sall que lui. Sa démarche est nébuleuse et improductive. Le parti s’est émietté et les libéraux sont affaiblis. Deux alternatives s’imposent : retourner à la cohérence, et se retrouver ou disparaitre.

Le PDS sans Abdoulaye Wade ne peut être ce qu’il fut. Le parti s’identifiait à sa personne. Il en était la diastole et la systole que Idrissa Seck a résumées en son temps en la seule constante du parti. Son charisme envoûtant est unique. Son génie de communication politique est inimitable. Son art politique est inégalable.

Il a quitté aujourd’hui le pouvoir et s’est retiré aux alentours du Château de Versailles de Louis XIV où il se prélasse de ses 90 ans. N’eût été l’embastillement de son fils Karim Wade et sa volonté de le voir accéder à la Présidence de la République, il aurait pris une réelle retraite politique. Mais il mène un ultime combat pro domo non pour le PDS mais pour son fils.

A Dakar, c’est Omar Sarr de Dagana qui assure l’intendance politique du parti. Il a certes du mérite pour son parcours et sa fidélité. Mais il manque d’atouts politiques pour s’imposer en challenger de Macky Sall.

Avec lui, le PDS est devenu cotonneux et incohérent dans sa démarche n’étant, en vérité ni de l’opposition, ni du pouvoir parce que perdu dans ses contradictions. Il n’est plus ce parti d’opposition qui faisait trembler d’effroi le pouvoir. Il n’est plus cet appareil qui se déchaine comme les flots d’un océan que rien ni personne ne peut contenir. Il est devenu un parti en perte de vitesse, flexible et d’une incohérence inédite.

Son Non se termine par un Oui. Son refus aboutit à un agrément. Son veto finit en abdication. Son SG adjoint est aphasique et apathique et a tout d’un collaborateur encagoulé du pouvoir qui travaille pour Karim wade mais sans trop y croire.
Pape Ndiaye