Le décret de Macky qui a limogé Nafy Ngom Kéita…attaqué en justice

La bataille autour du « départ de Nafi Ngom Keita de la tête de l`Office nationale de répression de la fraude et de la corruption (Ofnac) doit mobiliser tous les démocrates de ce pays soucieux de bonne gouvernance.

Pour deux raisons fondamentales. La première est que son départ qui a des allures d’un limogeage est illégal. La seconde est que c`est un blanc-seing en or pour tous les auteurs d`actes de prévarication tapis dans les salons doués de leurs bureaux.
Sur l`illégalité de son départ et de son remplacement, il ressort, selon l`éminent professeur de Droit

Nzouankeu, que la date de leur entrée en fonction est celle de leur prestation de serment et non celle de leur nomination.
Entre la date de leur nomination en juillet 2013 et celle de leur prestation en mars 2014, il y a 7 mois. Les autorités se sont alors trompées peut être de bonne foi. En tout cas, selon les dires ce Professeur qui est à la base de beaucoup de réflexions sur le droit administratif et constitutionnel sénégalais depuis qu`il a débarqué à Dakar dans les années 80 condamné à mort qu`il a été au Cameroun, le mandat de Nafi Ngom Keita et consorts doit prendre fin en mars 2017. Et il est loin d`être le seul à le penser. Me Adama Gueye, ancien Bâtonnier, abonde dans le même sens,
Le décret consacrant son départ ou l`arrivée de sa remplaçante est attaquable alors devant les tribunaux administratifs. L`intéressée elle-même peut le faire, histoire d`aider le Sénégal à assoir les conditions du respect de ses institutions surtout de lutte contre la corruption.

Et si elle rechigne à engager cette bataille, la société civile doit y travailler, L`occasion est unique de porter l`estocade à un régime qui n`est pas loin de baisser les armes face aux délinquants à cols blancs.

La bataille autour de Nafi Ngom Keita doit avoir lieu. Les autorités ont été trop pressées de la « libérer » pour ne pas cacher des desseins inavoués. Les personnes citées dans les rapports ne peuvent pas avoir le dessus sur le reste du peuple,

Nous ne pouvons pas nous permettre de nous mettre dans une dynamique d`impunité face au pillage de nos maigres ressources.

Ce n`est pas tant la personne de Nafi Ngom Keita qui importe. Mais le respect des principes qui guident le fonctionnement de notre pays.
Déjà, à l`époque, au moins un décret de Senghor excluant des étudiants de l`Université avait été annulé.

Aujourd`hui, les personnes et institutions qui ont la qualité ne doivent pas hésiter à ester en justice pour que l`Ifnac ne se mette pas en garde-à-vous. Les décrets du Président et tous les actes administratifs de ce genre comme les arrêtés sont attaquables en justice. Le danger, c`est de ne pas se battre.
Cependant, il est préférable, en l`espèce, que le Président de la République revoit sa position.

Il sait maintenant qu`il s`est trompé juridiquement et qu`aucun démocrate de ce pays n`approuve le fait que l`Ofnac soit fragilisé à la demande délinquants à col blanc.

Mieux, le Sénégal doit se montrer disposé à respecter les recommandations des institutions internationales notamment sur la lutte contre la corruption qui fait tant de mal à notre économie.

Rewmi