Le 2e questeur de l’Assemblée parle de la libération de Karim au détriment de l’Assemblée

Arguments à l’appui, le deuxième questeur de l’Assemblée nationale explique que Macky Sall peut gracier Karim Wade comme il le fait avec d’autres sénégalais anonymes ou connus chaque veille de fête. Dans cet entretien, Awa Niang livre ses arguments et descend Modou Diagne Fada,
Habib Sy et Idrissa Seck qui, selon elle, ont joué et perdu. Elle s’est ouverte à nos confrères de Dakaractu

DAKARACTU.COM : La libération de Karim Wade par grâce présidentielle agite les débats actuellement. Qu’en pensez-vous?

AWA NIANG : La grâce fait partie exclusivement des prérogatives du Président de la République. Chaque veille du 4 avril, chaque veille de Korité, chaque fin d’année, le Président gracie des personnes qui avait un problème avec la loi, sans que personne ne commente ces mesures. Karim Wade est un détenu comme tous les autres et donc il peut bénéficier de cette grâce.
Aujourd’hui, personne ne peut faire le moindre reproche au Président Macky Sall dans la conduite de ce dossier qui est exclusivement judiciaire. Pendant quatre ans, le Président a subi toute sorte de pression mais il a laissé la Justice faire son travail parce que Macky Sall est un légaliste. Dire donc que Karim Wade est un détenu politique qui sera libéré après une solution politique, est une absurdité. C’est manquer de respecter aux Sénégalais. Le Président Macky Sall ne s’est pas mêlé des dossiers judiciaires. Karim Wade a fait l’objet d’une enquête, il a été arrêté, jugé et condamné. Et jamais le Président n’a posé un acte au cours de l’instruction. Maintenant la Justice en a fini avec ce dossier. Et donc, Karim Wade est «graciable » comme tout autre détenu.

DAKARACTU : On dirait que vous faites allusion aux déclarations de Habib Sy…

AWA NIANG : Habib Sy tout comme Modou Diagne et tous ceux qui s’agitent, se sont rendus compte qu’ils ont joué et perdu. Au début, ils jouaient les incendiaires alors que le Président avait tendu la main à tout le monde pour construire un Sénégal meilleur, pour se retrouver autour de l’essentiel. Maintenant qu’ils ont vu que l’écrasante majorité du Parti démocratique sénégalais (Pds) a répondu au Président pour un dialogue national inclusif, ils ont compris qu’à trop vouloir faire la main, on perd tout. Ils n’ont aucune crédibilité pour avoir tout perdu. Ils ont raté le train de l’histoire pour ne pas dire qu’ils ont un destin de looser.

DAKARACTU : Que pensez vous de Idrissa Seck qui parle de «deal » en évoquant une
éventuelle libération de Karim ?

AWA NIANG : En fait, Idrissa Seck a le mot «deal » dans la bouche parce qu’il est un orfèvre du deal. On se souvient encore du fameux protocole de Rebeuss qu’il a du signer pour sortir de prison. C’est Idrissa Seck qui connaît les arrangements financiers, le «partage du butin » comme il le disait dans son fameux CD «Lui et moi ». Macky Sall n’est pas un homme de combine. La preuve car il a tourné le dos au Pds pour former l’Apr, il ne s’est pas retourné. Et les Sénégalais ont sanctionné positivement sa constance, sa culture de la parole donnée. Macky Sall est droit dans ses bottes alors que Idrissa Seck ne peut plus regarder les Sénégalais en face après s’être renié devant la télévision nationale. Idrissa Seck aujourd’hui est le maître du verbe car son parti est devenu une maison en ruines. C’est un naufragé de l’histoire, une aberration politique et politicienne que la haine va tuer un jour.