Le journaliste Mamadou Ibra Kane doute de la gestion vertueuse

On a connu les audiences du midi, voici les audiences du matin. Avec le duo devenu duel Wade-Idy, il était midi. Avec Wade-Macky il est huit (8) heures. Il ne reste que le protocole dont le parapheur et la ressemblance est parfaite.

Les visites matinales du président Macky Sall à Touba et Tivaouane témoignent qu’il s’est réveillé à l’heure  du ‘Kheud’ [repas avant le jeun] et fait la prière de l’aube en ce mois bénis de ramadan. Ça marque les esprits ; surtout quant votre hôte du jour est un homme de Dieu ; et quand on sait aussi que chez nous, plus particulièrement dans les foyers religieux, la république est l’héritière de la monarchie de droit divin. Le Président de la République, croit-on ici, fortement, est investi par Dieu. Et puis, l’avenir n’appartient-il pas à ceux qui se lèvent tôt ?

L’avenir dont-il s’agit est celui de Karim Wade. En ce rendant matinalement à Touba et Tivaouane pour informer les chefs religieux des deux principales confréries du pays, selon des indiscrétions non encore démenties, de sa volonté de libérer Wade fils, le Chef de l’Etat semble vouloir donner un signal claire ; « faire vite, le faire tôt ». L’heure présidentielle est donc à l’accélération de l’autre cadence : celle de la libération du plus célèbre prisonnier de Rebeuss ; que cela déplaise à une certaine madame traque. Aminata Touré pour ne pas la nommer devenu, vous l’aurais remarqué, trop mimi. Avec la libération annoncée de Karim Wade, il faut bien le reconnaitre : la vitesse de la traque des biens mal acquis passe de l’accélération à la décélération. La réédition de compte est à l’envers. Question légitime : au régime de la gestion vertueuse, combien la traque a-t-elle rapporté ? Combien a-t-elle couté ? Quel avenir pour la cour de répression de l’enrichissement illicite ?

Quit de la liste divulguée en mondo vision par le premier procureur spécial près la Cour de répression de l’enrichissement illicite. En attendant les réponses, le Président cherche à tirer profit de la libération de Karim Wade qu’il a jugé possible d’ici la fin de l’année sur Rfi. Libération devenue encore possible avant la toute prochaine korité depuis le double conclave de Touba avec Serigne Sidy Makhtar Mbacké et de Tivaouane avec Serigne Abdoul Aziz Sy Al amine. On va bientôt le savoir ! Le bénéfice politique escompté par le Chef de l’Etat avec sa grâce relève d’une évidence : rentré dans les bonnes grâces des religieux qui n’ont jamais fait mystère de leurs prières de voir libérer le fils de l’ancien Président Abdoulaye Wade et apparaitre aux yeux de la société comme un Chef qui sait taper quand il le faut et pardonné quant il le faut. De l’intelligence de se garder de cette cruauté inutile et d’éviter la faiblesse coupable. De la finesse de manier le bâton et la carotte quoi ! Mais dans le dossier brulant de la traque des biens mal acquis, le Chef aura-t-il bien ou mal agit si sa grâce venait à être effective ?

L’opinion jugera et sanctionnera positivement ou négativement. Une certitude ; les Chefferies religieuses, à la lumière du rôle de Tivaouane et de Touba dans l’affaire Karim Wade et la menace de radiation rapportée des enseignants pèsent encore lourds dans la balance politique et social de notre pays. C’est comme si au Sénégal avec la pesanteur religieuse, nos dirigeants politiques règnent mais ne gouvernent pas. Pouvoir religieux, quand tu nous tiens !