L’arrivée de Ousmane Ngom auprès de Macky coïncide avec l’attribution du gros marché des cartes biométriques

Au Sénégal, la préférence nationale est simplement un terme galvaudé auquel personne ne croit. En tout cas pas au sommet de l’Etat où de plus en plus, les marchés les plus juteux sont octroyés à des étrangers parfois dans des conditions nébuleuses. La Cité de l’émergence aux Marocains, l’ivoirien Bictogo s’offre les visas biométriques compte non tenu des banques étrangères qui pullulent. Le plus scandaleux est le dernier marché octroyé à Iris corporation à raison de 50 milliards pour la confection de cartes nationales d’identité à puce. Un marché qui rappelle allègrement celui des passeports biométriques octroyé aux mêmes Malaisiens, à raison de 118 milliards sous Me Ousmane Ngom, ministre de l’Intérieur

Curieusement, le marché de passeports a été passé alors que le commissaire Ibrahima Diallo était à la tête de la Direction de l’automatisation du fichier (Daf). Retraité, il continue encore de piloter la Daf. Ironie du sort, c’est également sous son magistère en tant que directeur de la Daf que Iris décroche encore un marché de 50 milliards. Autre coïncidence, dans un contexte de retour aux affaires de Me Ousmane Ngom que des rumeurs savamment distillées avaient annoncé à la place Washington en remplacement de Abdoulaye Daouda Diallo, ministre de l’Intérieur. Quoi qu’il en soit, les coïncidences sont troublantes. Pire, les conditions d’attribution de ce marché sans appel d’offres suscitent beaucoup de commentaires dans les bureaux où on s’est fait une religion. Cela est d’autant plus grave que la compétence locale est disponible et à bon marché. Pourquoi donc préférer livrer des données personnelles des Sénégalais à des Malaisiens alors que des compatriotes techniquement bien outillés sont zappés ? Un scandale de plus qui va sans doute plomber le Plan Sénégal émergent (Pse) qui veut faire du secteur privé son fer de lance.

Les liaisons suspectes de Iris corporation
Dans une émission télévisée, Birahim Seck révélait les liaisons suspectes entre Iris et Me Ousmane Ngom. «Ousmane Ngom a fait dans l’illégalité en passant le 03 septembre 2007, un marché relatif aux passeports numérisés d’un montant de 118 milliards Fcfa sur 20 ans pour la commande de ces documents. Le marché est d’autant plus irrégulier qu’il a été surestimé et devait faire l’objet d’une autorisation soit, de la Commission nationale des contrats de l’administration (Cnca), soit d’une autre commission composée du représentant du président de la République, du représentant du ministre de l’Economie et des Finances, du représentant du ministre des Forces armées ou du représentant du ministre de la Justice si l’objectif du marché relève de l’ordre sécuritaire. Or, il n’en est rien de tout cela dans le cas du marché passé par Ousmane Ngom en 2007 à la société Iris Technologies Berhard corporation de Malaisie» avait dit la sentinelle de la Bonne gouvernance. Birahim Seck avait enfoncé Me Ousmane Ngom en indiquant que ce dernier a signé le contrat afférent à ce marché le 03 septembre 2007, avant même que le préalable, c’est-à-dire la signature d’une autorisation de la Cnca, ne soit obtenue le 18 septembre 2007, soit 15 jours après. Aussi, avait-il soutenu que le marché a été surestimé. Car Ousmane Ngom prévoit dans son contrat avec les Malaisiens, une production de 500 000 passeports pour une durée de 20 ans. Or, rien qu’entre 2004 et 2007, la production totale cumulée est de 450 000 passeports. Malgré cela, aucune suite n’a été donnée si ce n’est que la blanchisseuse de l’Apr est passée par là. Exit donc le patriotisme, le chauvinisme et préférence nationale : Iris est aussi sénégalaise.