La réponse du ministre de la Justice à Mame Adama Guèye…Il avait accusé les magistrats de corrompus

Hier le ministre de la Justice réagissait, devant les députés, est revenu sur des déclarations de Me Mame Adama Guèye, ancien responsable du Forum civil, antenne sénégalaise de Transparency International, selon lesquelles « le niveau de corruption est extrêmement élevé dans la justice sénégalaise. Ce qui fait qu’il y a une incertitude judiciaire grandissante », avait notamment déclaré Mame Adama Guèye, en octobre dernier, dans des propos rapportés par de nombreux quotidiens sénégalais.
L’ancien Bâtonnier de l’Ordre des avocats commentait au cours d’un point de presse, une décision judiciaire condamnant la filiale ouest africaine de la société finlandaise Wärtsila, qui exploite la centrale électrique de Kahone (centre du Sénégal), à payer 1,4 milliard de francs CFA à une société de la place, dans le cadre d’un différend portant sur un contrat de location.
Les avocats et les magistrats ne sont « pas au-dessus » de la loi qui leur est applicable, à condition que les griefs contre eux soient fondés, a précisé, jeudi à Dakar, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba.
Le monde de la justice ne se situe pas « en dehors de la société, les lois qui sont votées sont applicables à tous les citoyens, qui que vous soyez’’, a-t-il déclaré lors de l’examen du projet de budget de son département pour l’exercice 2016.

« Un avocat n’est pas au-dessus de la loi, un magistrat » non plus, de sorte que « si vous gérez la loi, la loi s’appliquera à vous », a assuré le garde des Sceaux, ministre de la Justice.

Cela dit, « il faudrait que tous les éléments de preuve soient réunis et il y a tout un processus pour qu’on y arrive, mais quand on affirme une chose, on la démontre (…), on ne déshonore pas par la parole, on la précise et on la prouve », a fait valoir Me Sidiki Kaba.

Les avocats et les juges « sont les deux mamelles de l’institution de la justice », a-t-il dit, avant de souligner qu’il « faut reconnaître à chacun ce qu’il fait ».