La Raddho interpelle Macky Sall sur le sort des personnes condamnées par la CREI…Karim, Tahibou

Aboubacry Mbodj, coordonnateur de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho) interpelle pour sa part l’État sur le sort des personnes déjà condamnées par la Crei. Estimant que sa structure avait, dès le départ, alerté en vain, l’État sur les risques liées à la réactivation de cette cour, Aboubacry Mbodj invite notamment le gouvernement à trouver une bonne porte de sortie pour ceux qui ont subi le préjudice.
«Si l’État nous avait écouté, on n’en serait pas là, aujourd’hui. Dès le départ, nous les avons clairement dit que cette cour ne garantissait pas les conditions d’un procès équitable parce que ne respecte pas la présomption d’innocence. Nous les avons aussi dit que la Crei ne respectait pas le droit à un recours effectif, garanti pas la constitution qui est au-dessus de la loi de 1981, créant la Crei. Nous avons également signalé que la Crei pose le problème du renversement de la charge de la preuve. Toutes ces questions nous les avons évoquées dès le début de cette affaire. Mais hélas, l’État a refusé. C’est maintenant, après jugement et condamnation de certaines personnes que l’État revient pour dire qu’il accepte de réviser la Crei. En retour, tout ce que nous lui demandons c’est qu’il nous dise quel sort il compte réserver à ces personnes que la Crei a jugé et condamné. On ne peut pas parler des manquements de la Crei en oubliant les décisions qu’elle a rendues», a déclaré le coordonnateur de la Raddho tout insistant une fois de plus sur la réforme de la justice.